O - INTRODUCTION 
I - L'~laboration du programme de Traduction Auto- 
matique du C.E.T.A. (14) a fair apparaTtre l'int~r~t d'un 
langage ~nterm~diaire entre la langue de d~part (langue 
source) et la langue d'arriv~e (langue cible). Un tel langa- 
ge, appel~ "langage pivot" (16) a l'avantage de n'@tre pas 
remis en cause de fa~on fondamentale lorsque l'on change de 
langue source par exemple. Dans la chalne de traduction au- 
tomatique, son rSle est essentiellement s~mantique; il doit, 
dans la mesure du possible, lever les ambiguTt~s des phrases 
du texte d'entr~e et associer ~ chaque mot de la langue sour- 
ce sa "bonne" traduction en langue cible. 
Dans le programme actuel de Traduction Automati- 
que du C.E.T.A., le pivot est fond~ sur l'utilisation de 
granmmires transformationnelles (15). Le present travail est 
un essai en vue d'obtenir un langage pivot qui ferait inter- 
venir des notions qu'il n'a pas ~t~ possible jusqu'~ mainte- 
nant de prendre en charge. Pr~cisons qu'il ~'agit d'un tra- 
vail en cours d'~laboration et que nous nous sommes attaches 
ici ~ mettre en ~vidence soit les outils qui nous parais- 
saient fondamentaux, soit les grandes ligne8 du syst~me. De 
tr~s nombreux points sont ~ pr~ciser, des parties enti~res 
restent ~ crier. Signalons enfin que l'~laboration d'un tel 
travail n'est possible que dans le cadre d'une ~quipe ; 
celle-ci, appel~e "Equipe de S~mantique" est compos~e de 
Mesdemoiselles Dupraz (ing~nieur), Claudel et Gagny (lin- 
guistes), de Monsieur Baille (chercheur) et de l'auteur. 
II - En supposant que l'on travaille dans le sens 
langue source-~langage pivot on peut consid~rer que l'infor- 
marion recueillie par l'~tude morphologique et syntaxique du 
texte d'entr~e est exploit~e dans l'ordre suivant : 
a) les processus d'actualisation : temps, aspect 
I 
et modalit~s du verbe ; les operations de Pareours, Extrac- 
tion et Fl~chage sor les arguments ; 
b) la phrase ~tant d~pouillde de ses merquants 
d'actualisation, on dtudie les coh~rences s4mantiques entre 
un pr~dicat et les arguments qui ddpendent de lui. Ii s'agit 
donc iei, essentiell~mment, de l'organisation et de l'exploi- 
ration de la "lexicographie". 
Chacune de ces parties se subdivise elle-m~me en 
un certain hombre de niveaux. Remarquons que nous ne poStu- 
ions pas qu'~ la sortie d'un niveau toutes les ambiguTtds 
d'une phrase pouvant y ~tre levdes le sont r4ellement ; nous 
pensons plutSt que la levee de l'ambiguTtd impose un proees- 
sus d'aller et retour dans le syst~me (passage d'un niveau 
donn4 ~ un niveau plus 41ev~, puis descente vers un niveau 
plus bas, etc). On peut seulement espdrer que le processus 
soit convergent... 
III - Une remarque essentielle s'impose : le texte 
d'entrde (en langue source) doit ~tre consid~rd comme un 
axiome. Sa remise en cause est donc exclue m~me dans le cas 
o~ une phrase de ce texte n'a qu'un sens aberrant. Un langa- 
ge pivot doit donc, dana la mesure du possible, ne rien dli- 
miner dans sa phase d'analyse mis se contenter de distinguer 
formellement les diff~rents sens d'une phrase.Lorsque eeci 
est rdalis~, il faut chercher le sens le plus "probable" et 
on peut alors ~liminer les autres. 
IV - On retrouve donc ~ ce niveau une des constantes 
des langues naturelles, ~ savoir la coexistence d'une struc- 
ture logique et d'tme structure m~trique. Si la d~couverte de 
la premiere est encore dans l'enfance, la seeonde est 
crier. Nous nous attachons personnellement ~ la structure lo- 
gique, qui conditionne l'autre. Celle-ci est, en effet, un 
proeessus d'~valuation des formules logiques. 
V - On langage pivot peut ~tre considdrd comme un 
syst~me formel auquel on demandera biqn sQr dW6tre d~cidable. 
II doit comprendre une hi~rarchie analogue ~ celle de la 
Th~orie des Types pour pouvoir tenir eompte des imbrications 
de pr~dicats qui sont courantes dans les textes ~erits en 
langue naturelle (ii). D'autre part, ce syst~me formel dolt 
pouvoir "absorber" un grand nombre d'op~rateurs ou de rela- 
tions provenant des diff~rents stades de l'analyse. Ce sys- 
t~me dolt ~galement ~tre d'une formulation assez voisine de 
eelle des langues naturelles. 
Toutes ces raisons nous ont amends ~ choisir les 
syst~mes de S. Lesniewski (on trouvera une bibliographie 
d~taill~e sur ce sujet dans (9)> Ces syst~mes sont au nom- 
bre de trois : 
a) la prototh~tique qui est la logique sous- 
jaeente aux autres syst~mes ; 
b) le calcul des noms (appel4 aussi "ontologie" 
mais ce terme prate ~ confusion) qui est une th~orie assez 
voisine de celle des ensembles, mais dont la structure est 
plus proche de celle de la langue. Le terme fondamental de 
l'ontologie est la copule £; A Ea, signifie que le seul 
individu A est un a (par exemple : Socrate est grec) ; 
c) la m~r~ologie qui introduit les notions tr~s 
importantes de partie d'un tout (au sens o~ le pied est une 
partie de la table) et de classe collective. 
i - LE METALANGAGE 
Le but de ce paragraphe est d'exposer le forma- 
lisme adopt~ pour le langage pivot. 
I - LES OUTILS FONDAMENTAUX 
Trois ~tres formels au moins sont ici d'un grand 
int~r~t : les noms, les propri~t~s et les relations. 
i - les noms 
a) D~finition : un nora est un symbole repr~sen- 
tant un sens d'un substantif ; on ~limine de la liste des 
noms tousles sens des substantifs obtenus ~ partir d'~tres 
d'autres categories par l'une des d~rivations simples dont 
la liste n'a pas encore ~t~ arr@t~e. Ainsi : "table", "oi- 
seau", "perle" seront cons id~r~s come des noms alors que : 
"marcheur (celui qui marche)", "d~veloppement (action de 
d~velopper)", "rougeur (~aract~ristique d'@tre rouge)" ne 
figureront pas dans la liste des noms. 
Pour rejeter un nom, il faut ~videment que le 
sens du mot d~rivG soit obtenu exactement ~ partir des com- 
posants. 
les individus repr~sent~s par un nom sont tous 
les objets ou tousles 8tres qui portent ce nom. Nous appel- 
lerons "individus" "a" les individus repr~sent~s par le nom liar'. 
b) Diff~rents types de noms : nous distinguerons 
(13) 
I 
- les nomS individuels : il y a au plus un 
individu qui porte ce nom. Par exemple : 
"Jules C~sar" , "le soleil" ; 
les noms individuels rendent valide la 
proposition : 
sol \[a}~ AAB (A~a^B£b =~ A ~ B) ; 
ils sont d~sign~s par des lettres majuseules ; 
- les noms "continus" : ils indiquent une subs- 
tance continue qui peut ~tre une mati~re servant ~ construi- 
re des objets ("bois", "marbre"), une mati~re obtenue ~ par- 
tir d'autres ("beu~e") ou un nom tel que la lumi~re, le feu. 
- les noms g~n~raux qui d~signent plus d'un 
objet, par exemple : "cheval", "assiette", "satellite" ; 
ils sont d~sign~s par des lettres minuscules. 
c) On peut aussl classer les noms suivant les 
autres propri~t~s qu'on leur attribue, par exemple suivant 
leur existence, c'est-~-dire selon que l'expression : 
ex ~a} ~ V A <A £ a) 
est valide ou non. 
d) Propri~t4 de discretion portant sur des 
individus (3). 
Nous dirons que l'individu A est ext~rieur 
l'individu B si aucun 414ment (au sens de partie, ef 0. V) 
de A n'est ~14ment de B : 
AEext (B) ~ A£AAB £B AA C (C ~eI(A)~-(C Ee~B)) 
Remarque : AmA signifie que l'individu A existe. Cette 
clause est n4cessaire pour 4viter l'antinomie. 
Les individus "a" sont discrets s'ils sont tous 
ext4rieurs les uns aux autres, ou s'ils sont confondus : 
discr ~a~ AAB ((A£a ^B ~a)=~((A=B)v(A~ext(B~) 
Nous verrons, en ~tudiant l'extraction (el I.V) 
qu'une condition importante est : 
discr {a}~- sol \[a~ 
La n~gation de cette expression 
- discr ~a}wsol ~a~ est impliqu~e, en m~r~ologie, par 
l'expression "a o st (a~" qui signifie que tout a est un 
ensemble (m~r~ologique) de aet que tout ensemble de a est 
un a. Cette expression pourrait ainsi caraet4~iser les noms 
eontinus. 
2 - Les propri~t~s 
On appelle propri~t4 un pr~dicat a une place de 
caract~re statique et intemporel. Ii s'agit d'un pr~dicat 
destin~ ~ caract~riser (dans la langue ou dans le m~talan- 
gage) des ~tres logiques. On aura ainsi des propri~t4s ca- 
raet~ristiques de noms: une telle propri~t~ s'applique ~ un 
nem rant qne les individus repr4sent~s par ce nom existent. 
Sour les propri~t~s caraet~ristiques d'expressions, la pro- 
pri~t~ s'applique rant que la proposition est valide. On 
aura : 
- des propri~t4s issues du langage : ce sont 
surtout des adjectifs ("color~", "blanc", "jeune"...) ou des 
adverbes ("rite"...) ; 
- des propri~t~s introduites au niveau du m~ta- 
langage pour caract~riser du point de vue s~mantique les 
~tres linguistiques. Une propri~t~ rend valide l'expression : 
pr (~) =~ (~(X)=~X EV) 
qui indique que si X a la propri4t4 ~, X est un individu 
(V d~signe tousles individus). 
Les propri~t~s seront class~es suivant la nature 
des ~tres logiques qu'elles d~terminent (of IV). 
3 - Les relations 
a) Nous appellerons "notion" un sens d'un verbe~ 
celui-ei Be porte clans la notion aueune marque de personne, 
de temps, d'aspect ni de modalit~ (y eompris les modalit4s 
affirmative et n~gative). 
Dans ces conditions, si 1'on consid~re une no- 
tion comae "manger", elle recouvre : , 
(I) le fair d'Stre mangeur, c'est-~-dire le fair 
que n'importe quoi ne peut ~tre premier actant de ce verbe ; 
(2) le fait d'etre mangeable ; 
6 
3) la relation qui lie le mangeur au mangeable 
et qui fait que n'importe qui ne peut manger n'importe quoi. 
ris~e par : 
Formellement, une relation binaire est caract4- 
rel (~) = AX Y (~(XY) ~ X£VAYEV ) 
On trouve ~galement des relations ~ trois places 
et ~ une place (qui se confondent alors, du moins formelle- 
ment, avec les propri~t~s). 
b) Dans un but de simplification du dictionnaire 
des propri~t~s, nous somes amends ~ nous donner un certain 
hombre de relations ~l~mentaires qui serviront, au moyen 
d'op~rations, ~ engendrer les autres. Ainsi (i) : 
"s'~lever" peut ~tre d~fini par "Se d~placer de sorte 
que la hauteur augmente" ; 
\['~ la connective "de sorte que" 
soit I 
(h (x) : la hauteur de x 
alors : 
Elever (x, x) = D~placer (x, x)~ Augmenter ( ~(~ 
De m~me : pour exprimer "x avancer vers y" 
on introduit : 
S connective temporelle indiquant la simultan~it~ 
Tdv (y, x) : "y se trouver devant x" 
d (x, y) : "distance de x ~ y" 
On obtient : 
vers (x, y) = Tdv (y,x) S\[D (x,x)~,Diminuer 'avenGer 
( , d (x,y))\] 
II - RAPPEL SUR LES CATEGORIES SEMANTIQUES DE LESNIEWSKI (13) 
Dans les syst~mes de Lesniewski, les categories 
s~mantiques jouent un rSle analogue ~ celui jou~ par les 
types dans les logiques d'ordre sup~rieur. Elles contribuent 
~viter les antinomies. 
I - Les deux categories s~mantiques fondamentales sont la 
cat~gorie des noms et celle des propositions. Un foncteur est 
une expression n'appartenant ~ aucune d@ ces deux categories ; 
un foncteur peut 6tre formateur de noms ou formateur de 
propositions. 
2 - L'ordre d'un foncteur est d~fini de la fagon inductive 
suivante : 
- un foneteur est d'ordre i si tous ses arguments 
appartiennent ~ la eat~gorie 8~mantique des noms ; 
- un foncteur est d'ordre k (k>l) si tous ses 
arguments sont des foncteurs d'ordre k-I au plus, l'un d'en- 
tre eux au moins ~tant d'ordre k-l. 
3 - On peut alors d~cider de la fa~on suivante si deux 
foncteurs appartiennent h la m6me cat~gorie s~mantique : 
Deux foncteurs d'ordre un appartiennent h la m6me 
cat~gorie s~mantique s'ils sont tousles deux formateurs de 
noms ou tousles deax formateurs de propositions et s'ils ont 
le m6me nombre d'arguments. 
Deux foncteurs d'ordre k (k > i) appartiennent 
la m6me cat~gorie s~mantique s'ils sont tousles deux forma- 
teurs de nomS, ou tousles deux formateurs de propositions, 
s'ils ont le m6me hombre d'arguments et si les arguments 
correspondants appartiennent aux m6mes cat~goriex s~mantiques. 
III - CATEGORIES ISSUES DU LANGAGE 
Nous indiquons ici comment les parties du discours 
rentrent dans le cadre logique adoptS. Nous nous limitonS aux 
categories les plus basses ; l'extension est i~m~diate. Le 
tableau comporte les abr~viations suivantes : 
F°N° 
F.P. 
m,n~o 
Adj. 
Adv. 
R. 
Foncteur formateur de noms 
Foncteur formateur de propositions 
Noms 
Adjectif (propri~t~ issue de la langue) 
Adverbe ( " " " ) 
Relation 
:at~gorie 
~mantiqu~ 
ell 
C12 
C'II { 
C'12 
C'13 
C'21 { 
C'22 { 
C'23 
C'24 
C'25 
ordre du 
foncteur FN FP\] 
X 
X 
Expression Exemples "linguistique" 
h(n),g(n),.., hauteur den, grandeur den,.. 
i(n,O) distance de n ~ 0 
~dj(n) 
~(n) 
R(n,O) 
R(n,O,m) 
>etit cheval, maison jaune 
n courir, n dormir, ... 
n manger O 
n donner O ~ m 
~dj(n)AAdj(n ) vilain petit chien 
R(Adj(n)) petit chien aboyer 
~dj(R(n)) chien aboyer furieusement 
~dv(R(n)) chien courir vite 
R(Adj(n),O) joli chien manger soupe 
R(n,Adj(O)) chat boire bon lair 
R(Adj(n),Adj(~)joli chien manger bonnesoupe 
etc - 
IV - C&TEGORIES PROPRES AU METALANGAGE 
i - Le m~talangage n4cessite l'introduction de 
foncteurs particuliers. Ces foncteurs peuvent apparaltre 
dans une partie du syst~me con~ne celles prenant en charge 
le temps et l'aspect, les modalit4s, etc... 
Ces foncteurs peuvent aussi s'introduire au ni- 
veau de la combinaison des lexis (cf 2). lls peuvent aussi 
r~sulter de d4cisions quant ~ la structure du syst~me ; 
ainsi, les d~rivations destinies ~ former des noms ~ partir 
d'~tres d'autre nature seront introduites par des foneteurs 
propres au m~talangage. Par exemple : "le fait de...", 
"la caraet~ristique d'etre...", "celui qui...", "ce qui 
est...", etc... 
Nous svons d~j~ signal~ deux foncteurs pro- 
pres au m~talangage dans 1,3 : les foneteurs ~.("de sorte 
que") et S ("simultaneitY"). 
2 - \[In type partieulier de foncteurs propres au 
m4talangage est constitu~ par celles des propri~t~s qui ne 
repr~sentent pas des ~tres linguistiques (comme l'adjectif) 
mais des earact4risations de ces ~tres. Nous avons besoin 
de telles propri~t~s pour ~tudier la coherence s&mantique 
d'une lexis, puis d'une phrase, en fonction des ~tres qui la 
composent. 
La pattie "propri~t4s" du syst~me ~tant en cours 
d'~laboration, nous ne pouvons donner sur elle que des in- 
dications g~n4rales. Cosine on le verra dans la suite, nous 
ne nous int~ressons ici qu'~ la coherence s4mantique d'une 
lexis 41~mentaire form~e d'un pr4dicat et d'arguments 
nominaux. D'autre part, nous avons signal~ (1.2) que nous 
distinguions les propri~t~s caract4ristiques de noms des 
propri~t4s caract~ristiques de relations et des propri~t~s 
caract4ristiques de propri4t~s issues du langage. On a done, 
priori, trois syst~mes de propri~t4s qui seront tels 
qu'un nom de propri4t~ puisse se retrouver dans plusieurs 
syst~mes. II faudra ensuite ~tudier les liens entre ces 
syst~mes. 
3 - Nous indiquons maintenant quelques caract~- 
ristiques logiques des ces propri~t~s (17). Contrairement 
aux relations qui peuvent toujours donner naissance ~ l'af- 
firmation et ~ la n4gation, une propri~t~ n'a pas forc4~ent 
de n4gation. Si Pest la propri~t~ caract~ristique de la 
notion d'espace, on doit admettre qu'un individu quelconque 
X appartient ~ l'une des deux categories suivantes : 
- ou X caract~rise l'espaee et P (X) est valide, 
- ou bien X ne caract~rise pas l'espace ;a lots 
on ne peut dire que non-P (X) est valide. En effet si X est 
"volont~", X n'a aueun rapport avec l'espace. Nous dirons 
done que P ne s'applique pas ~ X. 
Dans ces donditions, si l'on envisage une pro- 
pri~t~ P telle que non-P air un sens, par exemple 
P:pr~sence non-P : absence 
nous pouvons convenir que Pet non-P ont mSme domaine. 
10 
Remarquons que la structure peut ~tre plus 
complexe, lorsque les individus auxquels s'applique une 
propri~t4 P se partagent en trois classes suivant que l'un 
des trois pr~dieats PI ' P2 ou P3 est valide. Par exemple : 
PI : convexe P2 : plan P3 : concave 
4 - Si l'on consid~re maintenant deux propri~- 
t4s PIet P2 appartenant au m~me syst~me loglque, ou 
deux syst~mes li~s par les relations mentionn~es au I, on 
a trois cas : 
(I) PI ~-" P2 : la propri4t4 P2 est d4ductible logiquement 
de PI ; 
(2) PI ~-n°n-P2 ; 
(3) Les X auxquels PI s'applique ne son, pas susceptibles 
de P2 , et inversement. Nous dirons alors que P1 et P^ 
sont ind4pendantes. Ceci signifie intuitivemen\[ que z 
la question de savoir si P. conduit ~ P2 ou ~ non-P_ i! 
i ft ,,^ z n'a pas de sens (P ex : ~£re un nombre et etre 
mangeur"). 
5 - Pour des raisons de simplicit~ et d'~cono- 
mi 9 nous so~mles amen4s ~ d~finir un ensemble de propri4t4s 
dites "de base". Le choix de cet ensemble est arbitraire 
mais il dolt ~tre tel qu'il engendre, par l'interm~diaire 
des op4rations que l'on d4finit sur lui, toutes les propri4- 
t4s n~cessaires ~ la description des ~tres utilis~s dans 
la langue. 
Parmi les operations que l'on peut d~finir sur 
les propri~t~s on trouve : 
- la conjonetion P. ^ P. qui indique que les 3 
deux propri~t~s P. et P. quali~ient un objet sans que i une 1 ! 
soit plus importante qu~ i autre ; 
- la pr4cision P.$ P. qui signifie que P. i 
qua!ifie l'objet de fagon essent~elle et que P. ne 3 
fait que pr~eiser P.. i 
3 
Entre lea propri~t~s existent aussi des rela- 
tions ; par exemple : 
11 
- l'implication ; 
- la coexistence n~cessaire de deux propri~t~s ; 
- l'exclusion de deux propri~t~s. 
6 - Si X est un nom, une propri~t~ issue du lan- 
gage ou une relation nous appelleronS noyau de X, not~ 
Nu (X) , la formule q,~caract~rise X dans le syst~me corres- 
pondant des propri~t~s. Un dictionnaire purement s~aantique 
associe donc ~ chaque X son noyau : on parlera alors de no- 
yau absolu. Un noyau de X relatif ~ un locuteur sera la for- 
mule que celui-ci associe & X ; cette formule peut ~tre 
distincte du noyau absolu puisqu'un locuteur peut attribuer 
X des propri~t~s que celui-ci ne poss~de pas dans l'absolu. 
7 - Nous sommes alors amends ~ poser l'un des 
probl~mes essentiels du calcul des propri~t~s : soient C 
et C' deux categories s~mantiques ; supposons qu'~ tout 
~l&ment X de C et X' de C' on sache associer un noyau. Com- 
ment construire le noyau d'un foncteur ~ (XX') appartenant 
une nouvelle cat~gorie s~mantique ? 
IZ 
2 - LEXIS - AFFIRMATION - NEGATION 
Nous donnons ici un cadre logique destin~ ~ ren- 
dre compte de la fagon dont on peut concevoir la formation 
d'une lexis et le passage de la lexis ~ un ~nonc~ ~l~mentaire. 
En ce qui concerne lee processus d'actualisation, nous ne 
parlerons que de ceux qui portent sur les noms. Ceux portant 
sur le verbe sont encore au stade des modules linguistiques 
((2), (8)) et n'ont donc pas ~t~ ~tudi~s du point de vue 
formel. 
I - OPERATIONS PORTANT SUR LES NOMS 
Ii s'agit des operations repr~sent~es dans la 
langue par les articles, certains pronoms,... Ces operations 
d~finies initialement dans (4) ont ~t~ reprises dane (6) et 
(7). Nous ne rappellerons doric que tr~s bri~vement les d~fi- 
nitions pour nous attacher surtout ~ la structure logique de 
ces operations. 
i - l'extraction 
' a) l'op~ration d'e~traction est la s~lection d'un 
certain nombre d'individus pris parmi ceux qui sont reprO- 
cent,s par le nom sur lequel porte l'extraetion. Exemple : 
"cheval"..~ un cheval, des chevaux, n chevaux... 
b) Ii est ~vident que l'extraction n'est possible 
que s'il y a plus d'un individu repr~sent~ par le nom et si 
ces individus sont s~par~s les uns des autres. La condition 
d'extraction est donc (cf. i.I.i) : 
diser ~ a} ^-sol ~a~ 
c) L'op~ration elle-m~me est le passage d'indi- 
vidus repr~sent~s par le nom "a" sur lequel porte l'extrac~on 
13 
des individus "a I'' d~termin~s par : 
(I) le fait que tout a Iest un a : alc.a ; 
(2) leur nombre; le marquant d~extraction impose une condi- 
tion ~ (i I) sur le nombre ~i des a I. Ainsi : 
(~i) ~ (~I = I) si on extrait un individu a, 
(~i) ~ ~i > I) si on extrait des individus 
a ~ etc. 
d) Cas particuliers : 
I) on n'extrait qu'un seul individu qu'on ddsi- 
gnera par une majuscule. L'extraction est caract~ris~e par : 
AI E a. 
2) ~ (~i) ~ (~, = %) : on extrait tousles a. 
On engendre alors une operation ~quivalente au parcours. 
e) Notation : 
L'indication d'extraction est une precision sur 
des individus al. Les individus al soumis ~ une operation 
d'extraction seront notes : 
a I ~\[alca A S (~\] 
Cette expression est un foncteur ~ deux arguments dont le 
premier est un nom et le second une proposition. 
f) Exemples : 
"Je voir trois chevaux" : l'extraction se fait sur les indi- 
vidus "cheval", 
le r~sultat est constitu~ d'indivi- 
dus a I v~rifiant : 
(al ~ cheval) ^ (~I = 3) 
Cette phrase fournit donc: 
Voir (Je, al ~alccheval) A(~I = 3)\] ) 
"Un cheval galoper furieusement" devient : 
Furieux (Galoper (AI ~ \[AI ~ chevaq)" ) 
14 
"Des chats miauler" 
Miauler (al ~ \[(al ~ chat) A(~I > I ) \] ) 
"Tons les livres avoir des pages" indique que l'on extrait 
tousles individus "livre" ; il s'agit en r~alit~ d'un 
parcours. 
g) Lorsque la condition d'extraction n'est pas 
remplie, c'est-~-dire lorsque l'expression 
- discr {a} v sol ~ a 
est valide, on ne peut pas extraire sur les a. Cependant on 
dit "du big", "un beurre", "une lumi~re",... Pour tenir comp- 
te de ces expressions nous introduisons une "fonction de 
discretisation" O- qui fair passer des individus "a" ~ des 
individuso-(a) v~rifiant la condition d'extraction. 
Ceci correspond en fait ~ l'usage implicite de la 
langue : "du big" signifie une certaine quantit~ de big, "un 
beurre" un certain type de beurre~ "une lumi~re" une source 
de lumi~re. La fonction ~est donc repr~sent~e dans ces exem- 
pies par la quantit4, le type, la source. 
On peut alors faire l'extraction sur les indivi- 
dus " ~ (a)". 
2 - Fl~chage 
a) Cette operation identifie des individus b 
des individus al d~j~ obtenus par extraction. Ii s'agit donc 
de l'une des deux operations : 
b n a I (tout best un al et tout al est un b) 
B ~A I (Le Best AI ; ceci entraSne A I £ B) 
b) ~ : 
"Je voir des chevaux et ils galoper" 
" " qui galoper" 
" " et ceux-ci galoper" 
" " ; ils galoper". 
Tontes ces phrases ~ peu pros ~quivalentes seront traduites 
dans le m~talangage par : 
15 
Voir (Je, al ~\[(a Iceheval) ~(~l>l)\])S Galoper (b ~ \[b o a~\]), 
oO S est toujours l'op~rateur de simultaneitY. 
3 - Parcours 
a) Appliqu~ ~ des individus "a" le parcours "rP 
indique que l'on ~nonce une propri~t~ P poss~d~e par tousles 
individus "a". Exemples : 
~un h~r isson I ~le h~risson (ou les h~rissons avoir 
h~risson--~ ~tout hdrisson des 
(tous les hdrissons piquants 
~chaque hdrisson 
Le parcours sera dit gdn~ral s'il porte sur tous 
les individus ddsign~s par un nom. Un parcours particulier ne 
porte que sur certains des individus ddsignds par le nom ; 
exemple : 
"les chats de la voisine ~tre des non-buveurs de lait" 
Ii suppose alors une extraction prdalable fournissant les in- 
dividus sur lesquels porte le parcours ; 
"chat" ~ "chats de la voisine". 
b) Le parcours est done un lien entre les indivi- 
dus aet la propri~t~ P ~nonc~e au sujet de ces individus. Les 
individus a ~tant caract~ris~s par leur noyau Nu (a) 
(cf. 9.1V.6), nous pouvons distinguer trois cas (cf I.IV.4) : 
(i) la propri~t~ P se d~duit logiquement de Nu (a) dans le 
syst~me des propri~t~s : Nu (a)~P(a); La phrase P (~T(a)) ne 
fait qu'exprimer une des propri~t~s d~j~ connues des "a". 
(2) la propri~t~ Pest ind~pendante de Nu (a) ; la phrase 
P (~1"(a)) apporte done une information suppl~mentaire sur les 
"a" ; elle fait passer de Nu (a) au nouveau noyau ; 
Nu' (a) ~ Nu (a) AP (a) 
OH 
Nu' (a) = Nu (a) A(P (a)~ P' (a)) 
(3) la propri~t~ P contredit le noyau ; on a ~ la lois 
P (~(a)) -et Nu (a)~-non-P (a) 
16 
Si~est un parcours particulier, la phrase est du type 
P (~(al)) o~ les a I sont obtenus par extraction ~ partir des 
a. Ecrire que 
Nu (al)~-- non-P (a I) 
signifie soit que l'on est dans le domaine de l'Imaginaire I, 
soit que les al poss~dent une propri~t~ dont la n~gation fi- 
gure dans Nu (a). Nous dirons que les individus al sont des 
individus-exceptions et nous leur attribuerons le noyau 
Nu (al) obtenu ~ partir de celui des a en rempla~ant les pro- 
pri4t4s qui m~nent ~ non-P par leurs n4gations. Exemples 
d'individus-exeeptions : 
"Le cheval de Jean a trois pattes" 
"Tousles chats de Marie ont des nageoires" 
c) Du point de vue logique le parcours revient 
consid4rer tousles individus sur lesquels il porte comme 
formant un tout,un nouvel individu, auquel on associe un no- 
yau. Cette conception nous amane ~ d4finir le parcours co*me 
~tant l'op4ration qui fait passer des individus a ~ la classe 
collective CI (a) (3). 
En fait, les individus a sont susceptibles d'une 
structure r~sultant du calcul des noms et d'une autre qui est 
la classe collective ~ laquelle ils appartiennent. En donnant 
plus ou moins d'importance ~ chacune de ces structures, on 
peut distinguer les cinq eas donn4s dans l'exemple du d~but 
du a). 
4 - Synth~se des r~sultats precedents 
a) Remarque : En fran~ais, le fl~chage et le par- 
cours ont des modes d'expression con~uns ; de plus le fl~cha- 
ge et le parcours particulier supposent tousles deux une ex- 
traction pr~alable. Du point de vue logique, ces deux opera- 
tions de diff~rencient par le fait que le parcours intervient 
dans une propri~t~ et qu'il est en relation avec le noyau des 
individus sur lesquels il porte. 
b) Si l'extraction est possible sur des individus 
a °, elle fournit des individus a I ; une nouvelle extraction 
sur les al fournit des a2 et l'on peut r4p4ter le processus 
jusqu'~ ce que l'on obtienne un seul individu. Les a i sont 
susceptibles du fl~chage ou du parcourso D'autre part, on 
peut, en remontant, supposer que les a ° sont obtenus par 
17 
extraction ~ partir d'individus bet on pourra aller aiasi 
jusqu'aux individus V. 
c) Exemple : 
"Je voir des chevaux" ; extraction :Voir (Je,a I 
\['\[a 1 cheval)A(~') 1~) 
"Ces chevaux ont de belles pattes" ; parcours partieulier 
(cheval) + extraction (pattes) : 
Avoir (b~ o al 3 , Beau (¢.¥\[(~ ~ patte)^(~>l)\] ) 
"L'un de ces ehevaux galope" ; 2~me extraction : 
Galoper (A2 ~'\[A2 E all) 
"I1 ales oreilles dress~es" : fl~chage 
Dresser (, d~\[(dE e = (A3b" \[A3 ~ AZ~))A(d ¢ oreille)A(~>l)\]) 
d) Les r~sultats sont r~sum~s dans le tableau 
ci-dessous : 
s 
i j 
Individus "a" 
f 
I 
! 
' PA RCOURS o 
Mod "~" emtion GR l~ll~ 
~ve~tuelle 
du Inoyau 
! 
I 
Nu' (a)--------) C~' (a) 
/;z°'(a) 
EXTRACTION 
discr {a/^- sol{a} ) 
1 - Individus a 
/ 
/ 
/ 
! 
Modif*~cation PA 
~we~tuelle ! 
du ,, noyau 
! 
i 
i 
Nu' (a 1) -..~ 
2 ~ 
a ... 
tCOURS 
~TICI;LIER 
'(a I) 
18 
II - CONSTRUCTION D'UN ENONCE ELEMENTAIRE 
Pour simplifier l'expos4 nous nous sommes limit,s 
la construction d'un ~nonc4 41~mentaire (iO) constitu~ d'un 
pr~dicat ~ deux places et de ses arguments. Les autres cas 
(i place et 3 places) sont, semble-t-il, susceptibles d'un 
traitement analogue. 
I - Possibilit~ pour un individu d'occuper une place d'ar~u- 
ment dans un pr~dicat : 
Nous avons vu (1.1.3.) qu'une notion R ~ recouvre 
deux propri~t4s R et R. et une relation R. Notant aet b 
deux noms nous al~ons c~ercher les cons6quences de la mise de 
a en premier argument de R ~ et de ben deuxi~me argument. 
Nous sommes donc amen4s ~ ~tudier les couples ~Ro,a> et 
R I , b> 
a) Notations 
+ R o d~signera la forme affirmative de la pro- 
printS, c'est-~-dire la propri~t~ R o elle-m~me. 
- R o d~signera la propri4t4 non-R o (si elle 
existe). Nous noterons R la forme nue de la propri~t4, e'est- o 
Z-dire 
=+RoV-R Ro-- o 
La m~me notation est utilis4e pour la relation R (avee la 
difference que la n~gation de R existe toujours). Les rela- 
tions logiques 
au 2.1.3. Nous 
T o 
T+ 
T 
entre le noyau des a et R ont 6t~ expos4es o 
d4signerons par : 
(a,Ro) l'ind4pendance de Nu (a) et R O 
(a,Ro) la relation logique Nu (a) ~ + R ° 
(a,Ro) ...... Nu (a)}-- - R ° 
b) Nous appellerons lexis sur R le couple 
<Ro,a) not~ Ro (a) (cf (5), (7) et (69. C°ompte tenu des 
hypotheses faites pr4c4demment, les diff6rents casque l'on 
peut rencontr~son repr~sent~s dans le sch4ma n ° i. 
Chaque lexis eonstruite peut donner naissance 
i9 
plusieurs ~nonc~s ~l~mentaires suivant que l'on envisage la 
forme affirmative ou n~gative de la modalit~ assertive et 
suivant que l'on fair sur a une operation de parcours, ou 
d'extraction et de fl~chage. 
Remarquons que, R ~tant une proprietY, 
est dans le cas "normal" dest~n~ ~ donner naissance R°(a) 
une d~finition relative aux "a". L'op~ration naturelle sera 
done ici le parcours. Le traitement de R I (b) est ~vidermnent 
identique ~ celui de R (a). o 
c) Indications sur le schema n ° i : On ~tudie 
d'abord les compatibilit~s entre Nu (a) et R ; ceci conduit, 
dsns chacun des casque l'on a distingue, ~ ~a lexis R (a). 
On asserte ensuite chacune de ees lexis ~ l'aide de l'~ffir- 
mation ou de la n~gation et des operations sur les noms. 
Exemples : 
(I) Imaginaire O : aet R n'ayant pas de rapports, on peut o 
tout exprimer : 
"le nombre 5 est un mangeur " rentre dans ce domaine 
(2) "le chat de la voisine avoir trois pattes" 
(3) "la rose ~tre un mangeur" 
(4) "la rose ~tre un non-mangeur" 
(Prise en tant qu'~tre vivant, la rose n'est pas ind~- 
pendante de mangeur). 
(5) "Ce chien @tre un non-nageur" 
(6) "Le chien ~tre un non-mangeur 
(7) "Le ehien ~tre un mangeur" 
2 - Intervention de la relation R 
Nous allons maintenant ~tudier la lexis R (a,b) 
constitute de la forme neutre de la relation R et des deux 
noms a et b. Nous passerons ensuite ~ l'assertion. Nous nous 
sommqes places dans le cas o~ 
T+ (a, No) et T+ (b, Rl) 
Avec cette hypoth~se on a solt <a,b2~+ R, soit~a,b~ ~- R 
Darts chaeun de ees cas on engendre la lexis 
R (a,b) et on proc~de ~ l'actualisation de eelle-ci. Exemples 
20 
(I) "La souris ~tre un mangeur de boeuf" (ou "Une souris, qa 
mange du boeuf", etc). 
(2) "Ce chat ~tre un mangeur de citrons" 
(3) "Le cheval ~tre un non-mangeur de souris" 
(4) "Le chat ~tre un mangeur de souris" 
(5) "Ce chat manger une souris" 
"Le livre ~tre sur la table" 
(6) "Le chat ~tre un non-buveur de lair" 
(7) "Ce chat ~tre un non-buveur de lair" 
(8) "Le livre n'est pas sur la table" 
On aura remarqu4 que les op4rations d'extraction, 
fl4chage ou parcours qui sont indiqu4es dans le schema n ° 2 
portent sur le premier argument "a". 
21 
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Z3 

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(16) G. VEILLON : "Le langage pivot du syst~me de Traduction 
Automatique du C.E.T.A." 
T. A. Informations 1968 n ° 1 pp. 8 a 16 

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Scientarum Fennica) Helsenki Volume 12 n ° 4 1959 
pp. 1 ~ 30. 
