VICTOR ~IVOV 
UNE PROC\]~DURE DE CLASSIFICATION DES CONSONNES 
DESTINI~E A LA DESCRIPTION DE LEURS COMBINAISONS 
O. Dans la pr~sente &ude nous essayons de rdsoudre un probl~me 
particulier de la description phonologique et de montrer sur cet exemple 
l'une des approches possibles de ce probl~me qui se pose assez souvent 
quand il s'agit de formaliser la description linguistique. 
Ce probl~me peut &re r6sum~ de la fa~on suivante: admettons que 
n'ous nous trouvons en prdsence d'un ensemble d'unitds linguistiques, 
caract&is6es par plusieurs indices. Pour ddcrire les modules fonction- 
nels de ces unit~s, d~crites prdalablement par un ensemble d'indices 
donn6, nous devons distribuer ces unit& par classes non-intersectdes et 
ddcrire ensuite leur fonctionnement non en termes d'unitds isol6es 
mais en termes de classes, auxquelles elles appartiennent. Les unit6s 
sont ordonndes selon le grade de similitude entre leurs caractdristiques, 
repr6sentant les indices donn& Alors, les probl~mes suivants se po- 
sent: a) comment allons-nous 6valuer le grade de similitude entre deux 
unit~s; b) comment d~finir le niveau critique de similitude, de fa~on 
ce que deux unit6s donndes soient consid&des comme similaires, si leur 
grade de similitude d6passe ce niveau, et comme non-similaires, s'il 
n'atteint pas ce niveau; c) puisque en gdn&al le rapport de similitude 
n'est pas transitif, nous devons organiser les classes de fa~on optimale 
par le rapport de tolerance. La r~ponse ~ toutes ces questions d~pend 
naturellement de la nature des unit6s et des indices, donc on ne peut 
pas esp&er construire tree procddure tout ~ fait automatique, qui con- 
vienne ~ l'analyse de routes les situations de ce genre. C'est pourquoi 
nous croyons qu'il serait souhaitable de ddcrire des procddures analogues 
pour diffdrents syst~mes linguistiques particuliers, en esp&ant que 
plus tard, quand un certain hombre de telles proc6dures sera dlabor6, 
il sera possible de fixer leurs traits isomorphes et de formuler certaines 
restrictions linguistiques. 
236 VICTOR 7.IVOV 
1. Nous nous occuperons du problbme de la classification des com- 
binaisons de consonnes russes (le russe ~tant une langue avec une synta- 
gmatique de consonnes suffisamment complexe). ~ 
1.1. J. GREENBERG (1965) d~crivit diff~rentes r~gularit~s typolo- 
giques concemant les combinaisons de consonnes sous forme d'impli- 
cations, et d~montra, en particulier, qu'un certain type de combinaison 
dans une langue peut en impliquer un autre. J. GgEnNBERG (1966 et 
1969) et B.A. USI'nNSKY (1972) par ailleurs ont d~montr6 que de telles 
r~gularit6s sur le plan typologique pr~supposaient des relations hi~rar- 
chiques ~t l'int~rieur d'une m~me langue, ces derni~res pouvant ~tre 
beaucoup plus riches que les r6gularit~s typologiques (puisque toutes 
les relations hi~rarchiques d'une langue n'ont pas leur ~quivalent typo- 
logique). Ceux qui parlent de la ~ difficult~ de prononciation ~ de cer- 
taines combinaisons en l'explictuant par des raisons phon6tiques g6n& 
tales s'appuient inconsciemment sur l'organisation hi6rarchique de l'en- 
semble des combinaisons de consonnes dans la langue. 2 Cette explica- 
tion g6n~rale est peu convaincante puisqu'elle ne peut pas ~tre propag~e 
toutes les langues. Pourtant il s'agit ici, probablement, de diff~rents 
types de combinaisons de consonnes et de l'ordre hi6rarchique de ces 
types. Ces notions servent de base h la d~finition de <~ structural ~ et 
accidental gaps ~. 
1.2. Quelle que soit la classification, le type de la combinaison de 
consonnes est toujours d~fini par le type de chacun de ces composants. 
Doric, le probl~me des types de combinaisons de consonnes peut ~tre 
ramen6 au probl~me des types de consonnes relevants pour la descrip- 
tion de leur syntagmatique (leur facult6 de former des combinaisons 
avec d'autres consonnes). Ces types (classes) de consonnes doivent ~tre 
organis6s de telle mani~re que la distribution des consonnes apparte- 
nant au m~me type soit relativement semblable, et celle des consonnes 
appartennant aux types diff6rents - relativement diff6rente. 
Une fois l'ordre des types de combinaisons de consonnes 6tabli, 
1 Notons que les proc6dures de classification des consonnes propos~es jusqu'~t pr~- 
sent conviennent aux langues qui ont un syst~me de combinaisons de consonnes relati- 
vement simple (v. J. KtraY~.owxcz, 1948; B. SIGtmD, 1955; 1965), C'est pourquoi elles 
sont inefficaces pour le russe ou le g6orgien, par exemple (v. H. VOGT, 1954, p. 32). 
Le choix de la langue joue donc un r61e tr~s important. 
2 V. les diffdrentes thdories de ce genre, en commen~ant par la ~ th~orie sonore ~ de 
O. JEsPr~suN (1932), jusqu'aux constructiom r~centes de B. HALA (1956; 1961). 
UNE PROCEDURE DE CLASSIFICATION DES CONSONNES 237 
nous pouvons r&oudre un grand hombre de probl~mes linguistiques. 
C'est n6cessaire avant tout pour la typologie, car cela permet de dire 
quels types de combinaisons sont caract6ristiques pour la langue donn6e. 
L'6tablissement d'une telle hi6rarchie facilite aussi la d61imitation des 
syllabes: on choisira parmi les d~compositions possibles du groupe inter- 
vocalique, celle qui garantit aux deux parties obtenues la position la plus 
61ev6e dans l'ordre hi6rarchique des combinaisons respectivement fi- 
nales ou initiales.3 On pourra aussi r6soudre le probl~me des combinai- 
sons intervocaliques non-d6composables: ceci au cas oh la combinaison 
ne peut pas &re d6compos6e au niveau des combinaisons de consonnes 
concrbtes, mais seulement au niveau de leurs types. Les d~pendances 
hi6rarchiques permettent dans certains cas d'expliquer des faits historiques 
(par exemple, l'assimilation de certaines combinaisons de consonnes et 
la r6organisation des autres dans le processus d'emprunt) et dialecto- 
logiques (v. V. M. ~IVOV, 1971). 
1.3. Quelle sorte, de classification de consonnes conviendrait le 
mieux ~ la description de leurs combinaisons? 
1.3.1. Les descriptions traditionnelles de la phonotactique se ba- 
sent sur les classes phon6tiques, qui comprennent le plus souvent les 
occlusives, les spirantes et les sonantes. On introduit aussi, si c'est n~ces- 
saire, des subdivisions plus 6troites: le point d'articulation, la sonorit6, 
raspiration, etc.; les sonantes se d6composent parfois en nasales et non- 
nasales, parfois aussi en demi-voyelles. Mais puisqu'il s'agit pour les lan- 
gues diff~rentes de classifications diff6rentes, et que ces dernibres ne cor- 
respondent en aucune mani~re aux particularit6s phon~tiques de la langue 
donn6e, nous pouvons en d~duire que ces classifications ne doivent pas 
reposer sur une base phon6tique. C'est ainsi qu'en arm6nien nous trou- 
vons les sonantes en qualit6 de derniers 616ments de la combinaison fi- 
nale dans les groupes -rm, -ym, -zm, -hm, -ym, -yr, -yn, -yl (S. B. Tog- 
JAN, 1969, pp. 118-119); pour rendre la description de la distribution 
plus eflicace, il aurait fallu, probablement, isoler/m/ de toutes les 
autres sonantes,/m/et/n/appartiendraient alors aux classes diff6rentes. 
" La solution propos~e par E. PULC~ (1970) (v. encore W. LEHFELDT, 1971) 
nous semble trop artificielle, car ces auteurs font un choix m6canique entre les d~com- 
positions syllabiques possibles; ~the burden of irregularity, d'apr~s eux repose toujours 
sur le groupe final (la coda), ce qui a sa raison d'etre pour les langues europ~ennes, mais 
ne peut pas servir d'explication universelle, puisque pour certaines langues la structure 
des combinaisons finales est plus stricte que celle des combinaisons initiales. 
238 VICTO~ ~ivov 
Cette d~limitation ne peut pas ~tre expliqu~e par des raisons phon&iques, 
puisque le m~me crit~re (le point d'articulation) ne joue aucun r61e 
pour/p/et/t/, par exemple, ayant des distributions tr~s proches. D'autre 
part, pour beaucoup de langues la sdparation de/m/ du/n/n'a pas 
de sens. 4 
1.3.2. Donc, la description de la syntagmatique phonologique ne 
peut pas toujours se baser sur les donn~es de la classification phondtique; 
nous sommes contraints de faire appel aux donn6es-m~mes de la distri- 
bution lorsqu'il s'agit d'&ablir une classification de phonemes, utile 
~t la description de la syntagmatique phonologique. II arrive souvent 
que ce probl~me ne soit pas pos6 explicitement, mais c'est de cela qu'il 
s'agit quand la question de la d6finition distributive du phoneme est 
posse, car elle presuppose un inventaire 'de phonemes fix~ d'avance. 
Or, les mdthodes de classification existantes ne sont point satisfaisantes: 
ou bien elles sont orientdes vers les langues avec tree syntagmatique de 
consonnes relativement simple, ou bien les r~sultats de leur applica- 
tion n'ont pas d'interpr~tation linguistique (v. H. VOGT, 1954). 5 
Donc, dans la pr4sente 4tude nous nous appr~tons ~t proposer une 
classification de phonemes, utile ~ la description de leur distribution 
et fondde sur leur distribution, et ceci en nous appuyant sur l'affmit~ 
distributive des phonemes diff~rents, cette dernihre exprimant le grade 
de similitude des environnements de ces phonemes. C'est pourquoi 
une classification distributive doit n4cessairement reposer sur la com- 
paraison des environnements des phonemes et par cons4quent sur 
l'4valuation de leur similitude; si le coefficient de similitude distributive 
de deux phonemes donn4s d4passe un certain niveau, ils entreront 
dans une m~me classe distributive, sinon -dans deux classes diff4rentes. 
Si nous d4finissons les diffrrentes classes de distribution comme les 
environnements de phonhmes diffdrents nous obtiendrons pour les 
4 Aussi,/m/est oppos~ ~ toutes les autres sonantes dans d'autres langues indo-euro- 
p~ennes, comme, par exemple, le norv~gien (H. VOGT, 1942, pp. 16, 18), ou le serbo- 
croate (S. M. TOLSTAjA, 1972, pp. 6-8, 14). Le phoneme/f/s'oppose de la m~me mani~re 
par le caract~re de sa distribution ~/s/et se rapproche des occlusives en margi (P. LADE- 
FOGED, 1968, p. 65), et en norv~gien (H. VOGT, 1942, p. 16). Les spirantes postlinguales 
se distinguent des spirantes pr~linguales et se rapprochent des occl.nsives en g~orgien (H. 
VOGT, 1958, p. 14) et pour beaucoup de langues turques. 
b V. F. W. HOUS~I~OLDER (1962), Off l'auteur propose des algorithmes pour donner 
des d6finitions des phonemes anglais bastes sur leur distribution; il mentionne ce fait lui- 
m~me. En m~me temps l'algorithme de Householder n'est autre chose ciue l'aboutisse- 
ment logique de la m&hode propos~e par L. B~OOMr~LD (1933).. 
UNE PROCI~DURE DE CLASSIHCATION DES CONSONNES 239 
langues avec une syntagmatique complexe un ensemble de classes dif- 
f&entes. Mais les environnements de certains phonbmes sont plus res- 
semblants que d'autres, et par ces ressemblances et ces dissemblances 
ils caract&isent diff&emment les diff&ents groupes de phonbmes, ce 
qui nous permet de fonder notre classification sur la similitude des 
environnements. 
Nous trouvons la m&ne approche dans les dtudes deJ. D. O'CONNOR 
etJ. L. M. TgIM (1953) et de G. F. ARNOLD (1956; 1964), consacrdes 
la description des classes fonctionnelles de consonnes et de Voyelles. 
La similitude distributive d'aprbs ces auteurs correspond au nombre 
d'dldments communs dans les environnements des deux phon6mes (pris 
en rapport avec le hombre maximal d'dldments communs possible); 
les phonemes sont consid&& comme proches du point de vue de la 
distribution, si ce rapport ddpasse un niveau arbitrairement fixd aupa- 
ravant. Un tel procddd nous permet de s~parer les consonnes des voyel- 
les, mais il ne convient pas h la classification distributive des consonnes. 
Ce coefficient est efficace pour la comparaison de la distribution des 
consonnes et des voyelles, car elles ont des caract&istiques distributives 
trbs oppos&s. L'application de cette proc6dure aux combinaisons de 
consonnes (pour une langue slave, par exemple) ne donnera pas de rd- 
sultats essentiellement diff&ents pour diff&entes classes de consonnes, 
et, par consdquent, ne peut pas servir de base pour notre classifi- 
cation. 
2. Mais pour les entourages nous pouvons fixer des &aluations 
moins approximatives; c'est ce que nous nous proposons de faire dans 
la pr&ente &ude, en basant lh-dessus notre classification des consonnes. 
Nous allons op&er avec des groupes de deux consonnes initiales et 
finales. Nous croyons nScessaire d'avoir au ddpart des combinaisons 
form&s par deux dldments et non celles qui comprennent plus de deux 
dldments comme le fait, par exemple, J. KuRY~OWICZ (1948; 1952), 
parce que route procddure orient& vers les combinaisons plus longues 
n'est pas pour cette m~me raison universelle (v. E. FISCnER-JOR~v.NSEN, 
1952, p. 25). Nous allons distinguer quatre positions: I1 (position ini- 
tiale suivie d'une voyelle); I2 (position initiale suivie d'une consonne); 
FI (position finale, prdcddde d'une voyelle) ; F2 (position finale prdcddde 
d'tme consonne). Nous allons ddfinir l'environnement d'tm phonbme 
donn~ dans une position donn& comme l'ensemble des consonnes, ca- 
pables de former avec I e phonbme donn6 des compos& binaires dans 
Ia position donn&, Le rapport de similitude distributive sera d'abord 
~ ~--r -- ~ ~ ~ --~ ~ ~ ~ -~T~ I ~F.,,,----,,,.~ ~p,~--- ~ ~ ~ ~ ~ ~-~ ~ ~ ~ w 
v 240 VICTOR ZIVOV 
ddfini pour chaque phoneme pris dans toutes les positions possibles, 
puis sans l'6vocation de la position. 
2.1. Les phonemes suivants pris dans la position F2, par exemple, 
oat les entourages suivants: 
z': r, 1'; z: r, 1, l': x: r, 1', t, s. 
Bien que le nombre de phonemes communs darts tous ces groupes reste 
le mSme, il est 6vident que l'environnement du phoneme z/r, 1', 1/est plus 
proche de celui de z' It, 1'\], que ne rest celui de x \]r, 1', t, s/, ce 
qui est dfi probablement au fait que le phoneme \[1\[, faisant pattie seule- 
ment de l'entourage de z, appartient au type phon&ique que nous 
trouvons dans l'entourage de z' (les liquides), tandis que les phonemes 
de l'entourage de x It, s/n'appartenant pas ~t l'entourage de z', repr& 
sentent tm type phon&ique nouveau (par rapport ~t l'entourage de z'). 
Ce point peut ~tre pr6cis6 h l'aide de la m&hode des traits distinctifs 
(TD): la difference entre le phoneme/I/et les phonemes de l'entourage 
de z' se r~sume en tm setd TD, tandis que le phoneme/s/, qui fait partie 
de l'environnement de x, diff~re de tous les phonemes de l'entourage de 
z' au moins par trois TD. L'environnement de z' &ant inclu dans les 
deux autres environnements, est aussi proche de l'tm que de l'autre. 6 
Nous pouvons donc atteindre un grade de pr6cision plus ~lev6 en te- 
nant compte de la vari&6 phon&ique des deux entourages donuts ou 
de leur valeur relative en termes de TD. 
2.1.1. Formulons maintenant la d6finition du grade de similitude 
des phonemes A et B, pris dans une position donn6e. 
Si AAB est le grade de similitude de A et de B, 
N a est le nombre de phonemes de l'entourage de A, 
n~ est le nombre de phonemes de l'entourage de A pour 
lesquels on pourra trouver dans l'entourage de B des phonemes, qui 
diff~reraient de ces derniers par i TD (pas moins que i TD), alors 
8 ni 
i=0 2' AAB = 
N,, 
e Nous avons ddcrit l'inventaire des combinaisons de consonnes non-~6riph~riques, 
ainsi que l'argumentation du syst~me de notation adopt~ dam V. M. ZIvov (1973). 
UNE PROCI~DURE DE CLASSIFICATION DES CONSONNES 241 
Nous pouvons nous servir de la formule approximative, sans tenir 
compte des termes quand i > 2, ce qui donnera 
---> 
AAB 
H I H~ no +-F +- £ 
Le grade de similitude de B par rapport ~t A sera d6fini de la mSme ma- 
ni&e. Le grade de similitude de A et de B (AAB) est 6gal 
AAB 
.wc...._ 
AAB --}- AAB 
2 
Ce qui nous donne pour notre exemple: 
1 
--* 2 
Az' z = Az' x -- -- 1 Az' x -- -- 0,625 
2 4 
1 ..- 2+-~- 1 
Az'z = 3 -- 0,833 Az'z = ---~. (1 + 0,833) = 0,92 
1 
Az'x = -~. (1 + 0,625) = 0,81 
Ni la premi&e ni la seconde formule ne sont sym&riques, ce qui 
r6pond au fair que l'entourage de z' est ~galement proche de ceux de z 
et de x, mais les entourages de x et de z se trouvent ?~ distances diff& 
rentes de celui de z'. 
2.2. C'est ainsi que pour chaque phoneme nous obtiendrons trois 
coefficients: le grade de similitude de A par rapport ~ B, de B par rap- 
port k A et de A et B. Gr,~ce ~ ces indices nous pouvons obtenir des 
coefficient relatifs; par exemple, pour dire que dans la position F1 /s/ 
est plus proche de/r/que de/1/, etc. En partant de 1~ il faut que nous 
passions ~t la d6finition du rapport absolu, pour pouvoir dire que dans 
une position donn6e Aet B sont proches, mais A et C ne le sont pas. 
Pour cela, d'autre part, il faut d&ider dans quels cas et de quels coef- 
ficients nous allons tenir compte. 
16 
242 VICTOR ~IVOV 
Pour les phonemes suivants dans F2, par exemple, nous avons les 
entourages suivants: 
s: k 
m:j,d',n,s,s~,r,l,I ' 
v:t,s,z,l,l,k,r,l 
L'entourage de \[In/n'a que quatre phonemes err commun avec celui 
de/v/, tandis que l'entourage de/s/est inclu dans celui de Iv/. Pouvons- 
nous dire que/s/est proche de/v/de la m~me fa~on que/m/ est proche 
de/v/? I1 est souhaitable de parler de la similitude de Aet de B quand 
les entourages pr&entent un volume ~ peu pros dgal; lorsqu'il s'agit 
d'entourages de volumes tr~s diffdrents nous parlerons du grade d'em- 
boitement de l'entourage de A dans l'entourage de B, c'est-~-dire de 
la similitude de A par rapport ~ B. 7 
I1 serait trop facile de comprendre la corrdlation entre les volumes 
comme une proportion entre le hombre de phonemes, formant les 
entourages. Nous allons d6finir le volume comme le hombre de types 
phon&iques repr&ent& dans l'environnement de phoneme donn~, 
c'est-~t-dire la vari&6 phon&ique de l'entourage. 
C'est ainsi que dans la position F1, par exemple, l'entourage de b 
sera r, r', I, 1', celui de v: d, n, r, l. L'environnement de best compos6 
uniquement de liquides, tandis que celui de vest plus vari& Pour choisir 
entre ces deux entourages (de A et de B) celui qui pr~sente plus de va- 
ri~t6 phon&ique nous pouvons utiliser la formule ~valuant le grade 
de la similitude. 
2.2.1. Maintenant nous allons d6finir un nouveau rapport: 
<--- 
x est plus riche que y (inclu y, y ~ x) =- Axy < Axy. 
Si nous rangeons les consonnes dans chacune des positions relative- 
ment ~ ce rapport, nous obtiendrons les r&ultats suivants (les &belles 
de l'inclusion) : 
' Ce probl~me gagne d'importance quand il s'agit de la distribution ddfectueuse. 
Dans la position F2 les entourages de b, b', t et t' sont respectivement b: d', z, ~, r, I; 
b': r; t: j, s, p, ~, r, l, ett': s, r, 1. L'entourage du phoneme marqu6 est une sorte 
d'entourage rdduit du phoneme non marqu& Si nous dvaluons ces paires de phonemes 
comme nous le ferions pour la paire < r, 1' ), par exemple, dans la position 11 (r : t, d, 
n, s, z, p, b, m, v, ~', k, g, x; I' : t, d, s, z, p, d, m, v, ~, t, k, g, x) ces phonSmes seront 
r@artis dans des classes diffdrentes (elles seront donc non-similaires). 
i ~ ~ ~ ~ ~ ~- ~ q ~ - .~ ~ ~,~ ~ ~ T ~ .... ~ ~ ~ ~ ~7 ~ ~ ~ ~T ~¸ ~ ..... 
UNE PROCEDURE DE CLASSIHCATION DES CONSONNES 243 
I1: p, p', z, z', x, b'~-bv-s', s, ~! ~kr--c; ~di--:~r--g~t' 
I--d' l--t, ml--m', jl-v' l--n' l--ll-rl--nl--vr-r', I'. 
12: c, n, t'~ll--l~gt-f~bl--xl--rl--k~dl--zt-l'l--t~vi- 
§l----,~l--ml-- p, s. 
FI: f x, r'l--n, d~jt-ml--dl-:~t-bl--\[l--Vl--gl-pl--kl.-~t -- 
1', t, z~sl--II--r. 
F2: c, s, b', ~l-.z'l--zl--~F-Y¢!l-.l o, t', kl-r'l--n'l--gl-v'l-- 
§t--l' p-x~d' b-b~d~-r~t~n~m~ v~ l. 
Pour la langue russe le rapport x I-- y n'est pas transitif, car dans cer- 
tains cas x I- y, y I-- z, z I- x (les entourages ne se superposent qu'en 
pattie). Ces phonemes seront consid&6s comme membres d'un m~me 
niveau, ou bien le plus petit des coefficients sera 61imin6, puisque dans 
ce cas les entourages ne se confrontent qu'en pattie (la proc6dure exclut 
les paires de phonemes qui se diff&ent par plus de deux traits distinctifs). 
De m4me, des phon6mes x et y seront consid&~s comme les 614ments 
de mime niveau, si Axy = Axy. 
2.2.2. A pr6sent nous d6ciderons dans quels cas les volumes seront 
consid&6s suffisamment proches, pour que la comparaison s'effectue 
l'aide du coefficient sym&rique (/XAB), et dans quels cas nous les 
tiendrons pour suffisamment dissemblants pour &re mesur4s avec le 
coefficient orient6 (AAB). Puisque nous ne voyons pas de crit&es lin- 
guistiques valables, nous allons arbitrairement partager l'&helle, par 
exemple en trois parties; nous pouvons attribuer a chaque rang la va- 
leur D.. 
Soit p - le nombre de phon6mes dans l'&helle 
q - le nombre de phonhmes, formant le niveau donn4 
r - le nombre de phon6mes, formant les niveaux inf&ieurs 
au niveau donn& 
On attribuera alors au niveau donnd (aux phonemes du niveau donn~) 
l'&aluation 
i-1 pq 
244 VICTOR ZIVOV 
Les phonemes de chaque rang peuvent ~tre sdpar6s en phonemes-con- 
tenants (D ~> 213), moyens (2/3 > D > 1/3) et indus (D > 113). Nous 
allons noter ces groupes 2, 1, 0. 
Nous allons d4finir maintenant pour chaque position les moyennes 
suivantes: 
soit p, - le hombre des 
pt - le nombre des 
p0- le hombre des 
-- 2.~Axff2 
Axff~ -- p~(p2--1) 
-Axffl 2 2, Axtyt 
-- 2.,~Axoyo 
Axoyo -- po(p0--1) 
phon~mes-contenants 
phonemes moyens 
phonemes indus 
m Axly2 -- 
--->. 
Axoy~ -- 
........> 
Axoyl = 
.~v A Xl y2 
plp~ 
2 Axoy~ 
pop~ 
2 Axoy~ 
P0Pi 
Soit Aet B deux phonSmes-contenants, 
et B sont proches, si 
(1) AA~B, > Ax, y, 
moyens ou inclus. A 
Soit deux phonemes A et B qui appartiennent ~t deux sections 
diffdrentes; A appartient au groupe, situ6 plus bas que le groupe, 
auquel appartient B (B contient A). A est proche de B, si 
-,.->. ~--.~ 
(2) AA~B. > Ax,y. 
2.3. Nous dirons que A et B sont proches, s'ils sont proches (v. 
(1) et (2)) dam toutes les positions. 
On obtient de cette faqon un ensemble de groupes ferm4s par le rap- 
port de similitude, c'est-~t-dire des groupes dont tout 614ment est proche 
de tousles autres 416ments du m~me groupe. Puisque le rapport de 
similitude tout en n'6tant pas transitif est toutefois tol6rant un m~me 
phonbme peut appartenir ~t plusieurs groupes diff6rents. Voici l'en- 
semble de groupes ferm6s, obtenu pour la langue russe: s 
8 Les phonbmes p', b', c, s', z' ne figureront pas dam cette classification, car leur 
distribution, qui est d~fectueuse, ne les caract6rise en aucune faqon (p' n'entre que dam une 
UNE PROC1~,DURE DE CLASSIFICATION DES CONSONNES 245 
1. p,d,d',b 15. z,d,j 
2. p,d,d',v 16. z, ~, j 
3. p, d', t', v 17. g, b, b' 
4. b,g,d,d' 18. ~'.., g, x 
5. t,t',d',k 19. ~!, g, b' 
6. t, d, d' 20. p, m, m' 
7. t', d', :~ 21. p, v, v' 
8. d,d',n 22. p,v,m' 
9. n,n',d 23. p,f 
10. n', d, g 24. m', k 
11. n', d, p 25. v', k 
12. n',g, x 26. s, z, s; 
13. d', j, 2~ 27. s, z, 
14. d',d,j 28. r,r',l,l' 
2.4. Maintenant, apr~s ces groupes nous devons passer fi la division 
en classes, de telle fa~on que chaque phoneme n'appartienne qu2t une 
seule classe. L'&ape suivante sera donc la procedure de regroupement 
des groupes fermds et peut se baser sur les facteurs suivants: (a) quelle 
est la moyenne qui caract~rise l'aftinit~ de la distribution positionnelle 
(du point de vue de la distribution des ~16ments dans les classes des con- 
tenants, des phonemes moyens et des phonemes indus, pris dans les 
4 positions); les groupes avec une moyenne d'affmitd mineure peuvent 
~tre ignores; (b) ~ quel point les dl~ments dans le groupe sont-ils li~s 
entre eux, c'est-?l-dire quelle est la moyenne de similitude de tousles 
~ldments du groupe; les groupes, caractdris~s par une moyenne de simi- 
litude basse peuvent ~tre ignords; (c) quels changements provoque 
l'adjonction d'tm 61~ment donn6 ou son exclusion dans les param~tres 
(a) et (b); si la moyenne de similitude ou la moyenne d'affmitd position- 
nelle se trouvent tr~s diminudes par ce fair, l'opdration sera considdrde 
comme non appliquable, sinon elle est ~l appliquer; (d) il est naturel de 
vouloir arranger les ~ldments de telle mani~re que les classes soient suf- 
fisamment vastes et d'autre part qu'il n'y air pas de classes ~ un seul ~l~- 
seule combinaison sp'-; b' -dans deux - lb t - et -rb' ; c dans cv' - et o.~c ; s' dans ps' - et 
fs'-; z' dans vz'-). Les dorm6es de la distribution permettent de faire inclure ces phonemes 
darts des classes diff~rentes. Donc, en accord avec la distibution, nous pouvons les placer 
avec les phonemes qui leur sont phondtiquement les plus proches: pavec p', b avec b', 
s' avec s, z' avec z. Pour c la question reste ouverte ainsi que pourfet §!, comme nous 
le verrons par la suite. 
246 WCTOa ~rvov 
ment, qui de son c6t~ soit uni ~t un autre phoneme par le rapport de 
similitude maximale. 
Nous pouvons proposer deux proc6dures bas6es respectivement sur 
des param~tres de type (a) et de type (b). Leurs r6sultats sont 6quiva- 
lents (~t l'exception d'un d6tail peu important). 
2.4.1. Nous pouvons faire correspondre b. chaque phoneme un 
cortege de quatre 616ments < a~, %, %, a4 > off a~ est le groupe d'dl& 
ments auquel appartient le phoneme donn6 dans la position/1 (pho- 
n~mes-contenants - 2, moyens - 1, ou inclus - 0), a~ - la m~me chose 
pour I2, as pour F1 et a4 pour F2. Nous allons d~finir la diff&ence entre 
les distributions posifionnelles (8) de deux phonemes, auxquels corres- 
pondent les corteges < ax, a2, a~, a~ > et < bx, b2, b3, b4 > comme: 
4 
Toujours 0 ~ ~ ~ 8. 
En d6finissant la diff&ence entre les distributions positionnelles il 
faut tenir compte des particularit6s des phonbmes d6fectueux. Les con- 
sonnes palatales russes (except~ l', ~! et en pattie \[ inclus) ne peuvent 
~tre suivies clans les groupes tautosyllabiques que de consonnes labiales; 
c'est pourquoi elles font partie de la cat6gorie des phonemes inclus dam 
I2 et F1, ce qui les caract6rise en tant qu'un tout mais pas sur le plan 
individuel. En vue de cet ~tat de choses nous introduisons deux coef- 
ficients: le premier (~1) 6value la moyenne de diff&ence positionnelle 
seulement entre les phonemes non-d6fectueux, le second (~,) pour tous 
les phonemes quels qu'ils soient. Si le groupe se compose de n phonemes, 
dont m ne sont pas d6fectueux, en notant les phonemes du groupe xx ... 
x~ ... x,, nous pouvons formuler les d6finitions suivantes: 
m (m- 1) 
½ n (n- 1) 
Pour certains groupes le coefficient bl ne peut pas &re calcul~ (quand 
re<I). 
UNE PROCEDURE DE CLASSIFICATION DES CONSONNES 247 
A present nous pouvons en utilisant bl et b2 d~finir pour tousles 
groupes la moyenne de diffdrence positionnelle ~ l'intdrieur du groupe; 
nous obtiendrons les coefficients 81 et g2. Apr~s cela nous pouvons dli- 
miner tousles groupes pour lesquels ~1 > ~i & ~ > 8~ ou au cas off 
il n'y aurait pas ~, ~2 > ~2. Doric nous pouvons rayer de la liste les 
groupes 3, 11, 13, 15, 16, 20, 21, 22, 23, 24, et 25. 
Maintenant rdunissons les groupes pour lesquels ~, < ~ et ~2 < 82 
qui contiennent le m~me ensemble d'dl~ments non-ddfectueux. Cette 
opdration est acceptable si pour les groupes obtenus b, < 8~ & ~2 < 82. 
De cette fa~on nous pouvons fusionner les groupes 1, 4, 5, 6, 10, et 
d'autre part 26 et 27. Si l'op6ration n'est pas appliquable il faut dliminer 
les dldments qui nous emp~chent de l'effectuer (nous ne discutons pas 
les difficuhds qui peuvent surgir ici car elles ne se sont pas prdsentdes 
pour la langue russe). Maintenant occupons-nous des groupes pour 
lesquels ~, < -~ v b2 < -~2. Voyons s'il est possiblede faire adjoindre 
aux groupes nouvellement formds qui contiennent les m~mes did- 
merits non-d~fectuettx, ceux de leurs dldments qui ne sont encore 
rattachds ~ aucune classe. On essayera d'abord de rattacher les pho- 
nemes non-ddfectueux puis les phonemes ddfectueux. Si apr~s avoir 
inclu un phoneme non-ddfectueux nous constatons que pour le groupe 
form6 de cette mani~re ~, > ~1 ou ~ > ~2, l'adjonction n'aura pas lieu. 
On choisira dans l'ensemble des phonemes pour lesquels l'adjoncfion est 
possible celui dont l'inclusion donne au coefficient ~, -- ~ la valeur mini- 
male. Cette classe nouvellement formde est soustraite ~ son tour ~ la 
m~me procddure, appliqu~e aux phonemes, qu'on pouvait inclure dans 
la classe pr~cddente. Conformdment au facteur (d) (v. 2.4.) voyons si 
parmi les phonemes ddfectueux qui appartiennent ~t la classe obtenue 
ou qui pouvaient y &re inclus il s'en trouve un qui soit lid par le rap- 
port de similitude (A xy) maximale ~i un phoneme non-ddfectueux, 
l'inclusion duquel dans la classe donnde se pr~senterait comme impossi- 
ble. Maintenant on analysera les possibilit~s d'inclusion pour les pho- 
nemes restants au moyen de la m~me procddure (~i la seule difference, que 
l'on n'utilisera plus que le coefficient ~2). 
Apr~s avoir appliqu~ cette procedure nous obtiendrons les classes 
suivantes: {p, d, d', b, g, t, t', k}, {n, n'}, {s, z, ¢, ~, ~,}, {r, r', 1, I'}. 
I1 nous reste fi classer les phonemes suivants: v, v', m, m', x, j, §!~ f. 
Le cas de p', b', s', z', c a dtd discut~ plus haut. Dans le cadre de la 
procedure donnde il nous est impossible de classer x, j, ~!, f (v. ~ ce 
sujet 3.1.). Quant ~i v, v', m, m', nous pouvons obtenir les groupes 
{v, v'}, {v, m'}, {v, v') pour lesquels b~ < 8~, apr~s avoir dlimind/p/ 
248 VZCTO~ ~,rVOV 
des groupes 20, 21 et 22. Puis en conformit~ avec le rapport de similitude 
nous choisirons {m, m'} et {v, v'}, parce que ces ~l~ments sont lids plus 
~troitement entre eux. Apr~s cela nous pouvons consid~rer l'application 
de la procedure comme termin~e. 
2.4.2. La deuxi~me procddure possible est bas~e sur le facteur de 
la moyenne de similitude ~t l'int6rieur du groupe; il faut donc ddfinir le 
coefficient de similitude absolue pour deux phonemes, c'est-~l-dire ind6- 
pendamment de leur position; il serait naturel de la d~finir comme la 
moyenne des coefficients sym6triques de similitude pour les quatre 
positions possibles. Ceci est vrai, mais avec certaines r~serves. Si dans 
une position donn6e les deux phonemes appartiennent ~t la cat~gorie 
des inclus, leur environnement ne les caract~rise en aucune mani~re, 
donc il y a des raisons pour ignorer le coefficient qui correspond ~t cette 
position.90u encore si le phoneme est ddfectueux, il aura en cette posi- 
tion un environnement nul ou bien un environnement qui ne le carac- 
t~risera en aucune mani~re; c'est pourquoi ces positions d6fectueuses 
doivent 8tre omises quand il s'agit de d6finir la dite moyenne. Si deux 
phonemes non-d6fectueux en tree position donn~e font partie l'un de 
la cat~gorie des 61~ments-contenants, l'autre de celle des inclus, le coef- 
ficient sym6trique est peu utilisable pour caract6riser leur similitude. 
D'autre part la diffdrence entre les volumes des entourages les caract& 
rise comme non-similaires. C'est pourquoi on peut dire que le coeffi- 
cient de similitude en ce cas est ~gal ~ z~ro. 
Compte tenu de ces objections on peut d~finir pour chaque paire 
de phonemes le coefficient de similitude absolu, ind~pendamment de 
leur position (Nxy) comme la somme des coefficients de similitude sy- 
m~trique (Axy) pris dam toutes les positions, divis~e par le hombre 
de positions qui entrent en jeu. 
Maintenant on pourra d~finir la moyenne de similitude pour les 
phonemes d'un groupe ferm~ (nous avons proc~d~ de la m~me ma- 
nitre avec le coe~cient de difference positionnelle); apr~s cela on 
fixera la moyenne des coefficients de similitude qui caract~risent tous 
les groupes ferm~s, apr~s quoi les groupes avec A' < N seront ~limin~s 
(dam notre exemple ce sera le cas de 7, 11, 12, 13, 15, 16, 19, 20, 21, 
22, 23). 
g Pour les points obscurs on pourra faire al0pel directement aux dcheUes d'inclusions et analyser le coefficient de similitude aussi au cas off les phonemes feraient pattie de ni- 
veaux suffisamment proches, qui en m~me temps ne seraient pas les niveaux irff~rieurs 
de l'~chelle. 
UNE PROCI~DURE DE CLASSIHCATION DES CONSONNES 249 
On peut r~unir au premier stade les groupes avec les mimes 
61~ments de fa~on diff~rente. Pour commencer on peut unir deux 
groupes avec les coefficients les plus ~lev~s (A'), et voir si pour eux 
A' > A'. Nous pouvons proposer quelques autres variantes. Les pho- 
ntmes des groupes qui restent (de 1 ~ 18) seront distribu~s dans la m~me 
classe si chacun d'eux fait partie de plus de deux groupes. Pour le groupe 
ainsi form~ nous aurons A' > A'. L'algorithme d'adjonction pour les 
autres phontmes est le m~me clue dans la premitre procedure. En te- 
nant compte du facteur (d) (v. 2.4.) et des groupes 20-21, pour lesquels 
apr~s l'~limination de/p/A' > A', nous obtiendrons en fin de compte 
la classification suivante: 
I: r,r',l,l' 
II: n, n' 
III: s, z, s ~, z~, \[; s', z' 
IV: v, v' 
V: p,t,k,b,d,g,x,t',d';p',b' 
VI: m, m' 
Nous avons place les phonemes d~fectueux apr~s le signe a;~), 
ils sont rattach~s aux classes correspondantes grflce ~ leur traits phon& 
tiques quand leur distribution ne s'y oppose pas. Nous n'avons pas r6ussi 
classer les phonemes j, §!, f, etc. La difference entre \]es r~sultats des 
deux procedures comme on voit ne concerne que le phoneme/x/, que 
nous n'avons pas r~ussi ~ classer dans le cadre de la premiere procedure. 
2.5. Maintenant nous pouvons appliquer aux classes obtenues le 
critbre du hombre mineur de combinaisons internes (1) et celui de l'ab- 
sence de paires sym&riques (2). 
Le premier critbre peut ~tre formalM de la fa~on suivante: 
a) Le hombre de combinaisons internes dans le groupe doit ~tre 
plus petit que le hombre d'61~ments qui appartiennent ~t ce groupe. 
b) La valeur de la proportion entre le nombre de combinaisons 
internes et le nombre de combinaisons internes tMoriquement possi- 
bles doit ~tre plus petite que celle de la proportion entre le nombre de 
combinaisons de la classe donn~e avec toute autre classe et te nombre 
de combinaisons de cette esp~ce thdoriquement possible. .... 
c) La classe ne doit pas contenir d'~l~ments qui aprbs ~tre s~par~s 
de leur classe et indus dans une dasse ~ part se combineraient pour la 
plupart avec les ~l~ments de leur classe de d~part. 
V 250 VICTOR zIvov 
Les classes obtenues ne violent aucune des conditions mentionn~es 
plus haut; elles ne contiennent pas non plus de paires sym&riques. 
3.1. Comme nous l'avons vu, la pr~sente procedure permet de 
classer les consonnes qui participent h un grand nombre de combinai- 
sons, tandis clue celles qui se combinent peu restent hors de son action. 
Ce fait n'est pas dfi au hasard. 
Abstrayons-nous de la pr6sente proc6dure et essayons de nous re- 
presenter l'organisation des classes destin&s ~t la description de la syn- 
tagmatique des consonnes. Chaque classe distributive se combine avec 
d'autres classes de phonemes. Les diff6rentes esp~ces de ces combinai- 
sons s'organisent par rapport b. chaque classe de fa~on hi~rarchique. 
Les phonemes qui appartiennent ~ une classe donn6e doivent se com- 
biner avec les types hi~rarchiques sup6rieurs de fa~on homog~ne; ils 
peuvent former avec les types inf6rieurs des combinaisons diff6rentes. 
D'autre part les phonemes de classes diffdrentes se combinent diff6- 
remment avec les types sup6rieurs; leurs combinaisons avec les types 
inf~rieurs peuvent en principe coincider. Une teUe classification hi& 
rarchique permet de distinguer les traits caract~ristiques dans la distri- 
bution du phoneme donn6 et de classer de cette fa~on les phonemes qui 
entrent dans peu de combinaisons. 1° Mais la classification fonctionnelle 
prdsuppose la d6composition en classes distributives. C'est pourquoi la 
pr6sente classification, basde sur les affinit~s phon&iques, dolt preceder 
la classification fonctionnelle, qui complete la premiere et permet de 
classer certains phonemes qu'on n'a pas pu classer au premier stade, 
ainsi qu'unir certaines classes (en utilisant la coincidence des types hi6- 
rarchiques sup6rieurs). 
3.2. Maintenant nous pouvons formuler certaines remarques g6- 
n6rales concernant la procddure propos6e ci-dessus. 
Line telle procedure s'av~re indispensable quand l'&ablissement de 
la hi6rarchie fonctionnelte des dl6ments doit ~tre pr6c6d6 par leur classi- 
fication pr6liminaire. Le plus souvent ces probl~mes se posent dam le 
domaine de la phonologie et de la sdmantique; quant aux probl&mes 
morphologiques et syntaxiques, cette classification r6sulte de la corr61a- 
tion du plan de l'expression et celui du contenu (par exemple, la hid- 
x0 Le phoneme Ix/ attachg h la classe V dam le cadre de la deuxi~me procedure, la premi&re n'ayant pas pule classer se retrouvera dam cette m~me classe aussi dans ce 
demier cas apr~s la classification fonctiotmelle. 
UNE PROCEDURE DE CLASSIHCATION DES CONSONNES 251 
rarchie des fonctions d'un cas donn4 ou la hidrarchie des cas, assumant 
cette fonction). Les classifications extdrieures comme la n6tre ont un 
caract~re prdliminaire; elles peuvent subir des changements par la suite 
au cours de la classification fonctionnelle. Toute la procedure est donc 
organis~e si l'on peut dire de fa~on cyclique (v. H. VOGT, 1942, 
pp. 6-7). 
Les procddures comme la n6tre rendent possible la formalisation de 
tels concepts comme ~ le type de combinaison ~> pour les dl~ments 
phon~tiques aussi bien que pour les dldments sdmantiques; elles sont 
avec qa faciles ~l r~crire sous forme d'algorithme et peuvent en principe 
~tre appliqudes par les machines dlectroniques. Pour notre procedure 
il aurait ~t~ suftisant d'introduire les donndes suivantes: la liste des com- 
binaisons de consonnes, la matrice d'identification des consonnes en 
termes de traits distinctifs, les donn~es, concernant les traits qui causent 
la d~fectuosit~. II est peu probable que ces procedures donneront des 
r~sultats int6ressants au point de rue linguistique au cas off elles seraient 
conques sans tenir compte des traits sp~cifiques des unit~s linguistiques 
donn~es (pour nous ce fut, par exemple, la d~fectuositd de la distribution, 
etc.); mais on peut certifier que certains m~canismes particuliers comme 
l'algorithme d'adjonction de l'dldment nouveau, seront universels pour 
routes les procedures de ce genre. 

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