IRINA PRODANOF 
J~ LA I~ECHEI~CHE D'UN MOD~,LE DE DI2RIVATION 
EN ITALIEN 
Les travaux de rtorganisation du Dictionnaire Machine de rltalien 
se divisent en plusieurs branches dont l'tme, la plus indtpendante du 
point de vue des r~sttltats, scientifiques, est la recherche d'un module 
de d~rivation. Nous nous limitons dans cet expos6 aux mots suffixds. 
1. Notre point de dtpart est le dictionnaire de l'Italien et 
tionnaire Machine fi notre disposition, et la recherche se base 
interpr&ation du m&alangage de la d~finition du dictionnaire. 
tionnaire nous foumit pour les mots sufflxds une dtfinition 
le Dic- 
StIC lille 
Le dic- 
form6e 
d'61dments que nous divisons conventionnellement en fonction et base. 
Pratiquement la dtfmition se compose d'tm mot qui s'identifie gtnt- 
ralement avec la base d'une strie d6rivative et d'une stquence qui peut 
contenir les 616ments suivants: 
a) des mots syntaxiques li~s directement ~ la base: 
Ex. (1): ABBAIATORE: chi abbaia 
b) des roots pleins li~s fi la base d'une faqon plus ou moins ~troite: 
Ex. (2) : CADUTA : A TTO del cadere 
Ex. (-3): CIMIC, IAIO: LUOGO pieno di cimici 
Le fait que ce deuxi~me type d'~nonc6 et les ~l~ments qui le com- 
posent soient employds avec constance dans tout le dictionnaire nous 
a port6 ~ considtrer les mots pleins de la m~me mani~re que les roots 
syntaxiques, c'est-~i-dire vides, comme de simples indicateurs de fonc- 
tion dam le m&alangage. 
2.1. La premiere constquence optrative d'une telle rtgularit~ est 
6vidente. En effet, si nous pensons ~, placer fonctions et bases dans des 
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positions fixes, la manipulation m6canique de telles donn6es devient 
une simple op6ration de s61ections et de comparaisons. 
La seconde cons6quence est 6galement 6vidente parce que la posi- 
tion fixe de la base dam l'espace rdserv6 ~ la d6finition nous permet 
de s~lectionner facilement les s6ries d6rivatives. 
2.2. La troisi~me cons6quence d'ordre sup6rieur est qu'un m6- 
talangage comme celui que nous examinons et duquel nous avons d6jk 
idendfi6 le caract~re formel, peut &re traduit facilement dans tm autre 
m6talangage plus synth6tique, des codes rapidement manipulables par 
l'ordinateur. 
3. En partant de telles consid6rations nous pouvons projeter route 
la recherche, ~t condition que l'on fasse, au pr&lable, recours au postu- 
lat de l'identit6 substantielle entre proc~s d6rivatif et la forme de la 
d6fmition donnde par le dictionnaire. Si, en effet, il est vrai que la d& 
finition peut ~tre exprim~e par la formule f(x) dans laquelle x est la 
base, il est 6galement vrai que la m~me formule peut decnre un derive, 
en tant que ce dernier r6sulte compos6 d'une base et d'tm suffixe qui 
a les m~me caract6ristiques de r6gularit6 que nous avons reconnues 
dam la fonction. 
Donc, si les deux parties de l'article du dictionnaire (lemme et d6- 
finition) son• ddcrites par la m~me formule f(x), &ant donn~e l'identit6 
de base, et pr6sum6e la r6elle adh6rence de l'une ~ l'autre, les f coinci- 
deront, de mani~re que la fonction devient d6fmition du suffixe. 
4.1. Le premier pas ~t fake sera la s61ection des lemmes suffixes 
par surges formellement identiques. En interrogeant en m@me temps 
la d6fmition et le code grammatical nous nous pr6munirons de ne pas 
entralner dans les listes les roots qui ne sont pas r6ellement des d6riv6s: 
Ex. (4): ABBAIATORE : SN chi abbaia 
(5): TRATTORE (1): SN chi trae 
(6): TRATTORE (2): SM veicolo che... 
(7): TRATTORE (3): SN gestore di trattoria. 
Si nous s61ectionnons par exemple les d6rivds personnels eta -TORE 
nous excluerons de la liste l'Ex. (6) ptfisque le code grammatical ne 
r6pond pas ~t la demande (SM au lieu de SN) et en m~me temps la 
d6fmition ne commence pas par chi. 
L'Ex. (7) ne pourra pas &re s6lectionn6 dans cette liste k cause de 
.A LA RECHERCHE D'UN MODELE DE D~.RIVATION EN ITALIEN 299 
sa definition; pourtant il sera introduit dans une liste ~ part de pseudo° 
dErivts pour &re rtexaminE. 
Cette stlection nous fournira une vision exhaustive de la fonction 
ou des fonctions exprim&s par chaque suffixe et nous permettra de 
grouper les fonctions qui se trouvent r~guli&ement ensemble dans 
une cat~gorie unique. 
Ex. (8): -MENTO: atto, effetto di... 
-ALE : di, relativo a... 
De plus, l'analyse des fonctions nous permet d'&ablir une premiere 
distinction entre suffixes formellement identiques et nous fournit en 
mSme temps la liste compl&e des bases compatibles avec chaque suffixe. 
Ex. (10): BARC-A TA 
GOMIT-A TA 
CAMMIN-A TA 
(1): quantit~ di carico portata da... 
(2): colpo di .......... 
(3): atto, effetto del... 
etc. 
4.2. Ensuite nous s6lectionnerons les mat&iaux en interrogeant la 
definition, mettant en Evidence ainsi les suffixes douts de fonctions 
identiques. En effet, en triant les d~finitions, celles qui commencent 
par le m~me mot ou groupe de mots (fonctions), apparaltront l'une 
apr& l'autre. 
Une fois obtenues ces listes, nous regrouperons les suffixes qui ont 
les m~me fonctions et en m~me temps une cattgorie grammaticale de 
base identique, en leur attribuant un code d'homo-fonctionnalitE 
Cette classification devrait nous permettre, dans une derni~re phase 
du projet, d'&ablir une compatibilit6 r&lle entre classes homologues 
de bases et classes homofonctionnelles de suffixes, rtduisant ainsi le 
hombre des suffixes ~ examiner comme indtpendants. 
En d'autres termes, une lois prouv& la r&lle compatibilitE d'une 
s&ie de bases de la m~me classe avec un suffixe appartenant A un certain 
groupe, sa compatibilit6 avec tousles autres sufftxes homofonctionnels 
sera implicite. 
Ex. (11): MONT-A-TURA *GUAR-I-TURA ~ 
MONT-A-MENTO GUAR-I-MENTO 
1 La base verbale MONT- choisit les deux suffixes homofonctiormds pour former 
deux mots presque synonymes attestts dans la langue, lorsque la base GUAR- a choisit 
sans raison dvidente seulement le suffixe -MENTO. Nous pouvons pourtant &endre 
l'autre la compatibilit6 de GUAR-. 
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4.3. Dans une phase ultErieure nous regrouperons automatiquement 
les roots dErivEs en tenant compte du code grammatical de la base et, 
l'intdrieur, de ridentitd formelle des bases m~mes. Nous obtiendrons, 
ainsi, en sdquence, les s&ies derivatives de chaque base, group&s par 
catdgorie grammaticale. 
Cela mettra en Evidence l'extension compl&e de la sdrie derivative 
de chaque catdgorie grammaticale. 
4.4. Ces matdriaux nous mettent dans la condition de delimiter 
~t l'int6rieur d'une catdgorie grammaticale de base, des sous-ensembles 
qui sdlectionnent un certain groupe de suffixes ou bien un autre. 
Ex. (12): base= V ddrivd = S 
MONT-ARE 
MONT-A-MENTO 
MONT-A- TURA 
MONT-A-TA 
MONT-A- TOIO 
MONT-A-TORE(1) 
REGIS TR-ARE 
REGIS TR-A- TURA 
REGIS TR-A- TORE (2) 
REGISTR-A-ZIONE 
GUARD-ARE 
G UARD-A-MEN TO 
GUARD-A- TURA 
G UARD-A- TA 
GUARD-A-TORE(l) 
L'hypoth&e la plus optimiste serait celle de la parfaite coincidence 
entre classes de bases et series de suffLxes. Nous nous attentions pourtant 
ce que le rapport r&l soit exprim6 par une intersection ou bien par une 
inclusion, desquelles nous devrons rendre compte. Cela signifie que 
nous devrons expliquer pourquoi certains sous-ensembles de bases homo- 
logues sdlectionnent des sdries non coincidentes de suffmes. Suivant 
notre opinion la rEponse est h rechercher exclusivement dans la base. 
4.5. I1 ne reste, ~t ce moment-l~t, qu'~t faire recours au dictionnaire en 
cherchant les traits classificatoires communs des bases considdr&s comme 
lemmes et d'&ablir la r&lle competence dans le proc~s de derivation. 
Pour les classes de bases identiques nous pourrons &endre la compa- 
tibilitE avec tousles suffixes acceptds par chaque base de la classe. 
4.6. A la fm d'un travail de recherche, le suffixe sera identifid par 
les codes suivants: 
a) un code grammatical se rapportant au mot dErivE resultant; 
i 
\ 
LA RECHERCHE D'UN MOD~.LE DE DERIVATION EN ITALIEN 301 
b) une indication de fonction tiree du type g~ndral de defini- 
tion attribuee aux derives; 
c) un code indiquant la oh les classes de bases avec lesquelles il 
est compatible. 
Tandis que pour le lemme-base, sa propre classifcation lexicale 
sera suffisante ~ exprimer la compatibilit6 avec une certaine serie de 
suffixes. Evidemment, pour obtenir un r~sultat correct, il sera neces- 
saire d'attacher au lemme des codes phon~tiques. 
5. L'inter~t d'une telle recherche porte, selon nous, sur deux 
points: 
5.1. I1 vade soi que cette etude peut nous fournir des don- 
n~es tr~s interessantes sur le processus de d~rivation en acte aussi bien 
qu'en puissance, de fa~on que l'on aura le moyen de former un module 
du fonctionnement de la derivation. 
On s'attend aussi, sur le plan lexicographique, ~t constituer une 
premiere base pour la r~duction du nombre des entr6es du diction- 
naire mSme. Ce resultat sera ~vident si l'on pense qu'au lieu d'une 
s~rie d6rivative on pourrait avoir une base et un algorithme general 
capable d'en produire les d~rives. 
5.2. D'autre part, l'equivalence entre code et ddfinition nous met 
en condition de transformer, s'il est n~cessaire, le mot d~riv~ en la phrase 
type, ampliable par peu de r~gles. 
De plus, comme cette recherche nous amine ~ manipuler les d& 
finitions structurellement les plus constantes, un bon resultat dans cette 
direction nous confirmerait l'hypoth~se gen6rale que certains traits clas- 
sificatoires peuvent &re deduits des definitions m~mes. 

