SIMON\]\] MONSOm~aO -EMESE KIS 
DI~TERMINATIONS DIALINGUISTIQUES 
DE GENKE LITT~IKAIRE 
Parmi les multiples probl~mes de l'~tude stylo-statistique les auteurs 
prennent en consid6ration celui de la limite prose-vers. Cet expos~ 
est en concordance avec les corrections de Ch. Muller et de L. Hirsch- 
berg sur l'analyse du vocabulaire des textes propos~e par P. Guiraud. 
I1 d~veloppe la th~orie sur les procSd~s particuliers au genre choisi, 
qui s'imposent entre le put hasard et l'intention intime plus ou moins 
consciente d'un individu, tMorie sugg6r6e par 1K. Barthes, P. Larthomas, 
et ~labor6e et d6montr~e par S. Monson~go en 1966. En mSme temps 
il constitue un argument de plus en faveur de d&erminations de genre 
plus ou moins contraignantes ayant pour effet de restreindre la libert$ 
de l'~crivain. 
Pour faciliter et d~couvrir la caract&isation essentielle des d~ter- 
minations de genre, nous cherchons ~ faire apparaltre des constantes 
~. l'int&ieur d'tm genre donn~, des similitudes et des traits de diff6- 
renciation entre les genres au niveau de deux langues distinctes. Nous 
nous proposons d'examiner comparativement la chantefable franqaise 
Aucassin et Nicolette dans laquelle nous voyons une v~ritable composi- 
tion dramatique oil <~ les indications qui accompagnent les r~pliques 
et les indications du mouvement qui les suivent sont analogues aux 
indications sc6niques de nos pi~ces de th&~tre )~ et le drame romanesque 
du porte Mihai Eminescu Mira, d'une longueur de texte similaire - frag- 
ment posthume unique dans la littdrature roumaine par la particularit~ 
de sa composition, qui fait alterner le vers lyrique et la prose dialogu~e 
et descriptive. Ces deux textes sont caractdrisds par les mSmes tendances 
dam le choix des moyens linguistiques qui peuvent £ournir le mate- 
riel le plus fiche pour tin examen comparatif. 
Notre intention est d'&ablir des flits dialinguistiques: de rechercher, 
~i travers les caract~res statistiques du vocabulaire dans les vers et dans 
la prose, si les differences de style entre ces deux parties rapport~es ~. 
la norme intrins~que de chaque oeuvre en langues diff6rentes peuvent 
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~tre valablement dEcrites comme des faits de nature quantitative struc- 
turellement correspondants. 
Parmi les signes quantifiables, seuls les signes lexicaux ont ErE soumis 
l'examen. Ce qui supposait certainement deux probl~mes: a) la nE- 
cessitE et les crit~res de la segmentation; b) l'identification des unites 
lexicales correspondantes dans les deux langues diffErentes. Tout d'abord, 
nous avons cherchE, en Etablissant le nombre d'unitEs lexicales du texte, 
faire le plus possible abstraction des fairs de discours, pour reconsti- 
tuer une sorte de dictionnaire de base. Le choix du vocabulaire comme 
matEriau, ainsi que de la mEthode statistique comme instrument de 
l'analyse stylistique, a pour consequence la tendance ~t ramener des formes 
multiples ou dispersEes - cela touche principalement aux roots gram- 
maticaux - ~t une forme-noyau, qui paralt representer le plus stir E16- 
ment dans deux rEalisations diffErentes (vers/prose), dans deux langues 
diffErentes. 
Certes, routes les variations quantitatives dans l'emploi des roots 
ne refl~tent pas immEdiatement et nEcessairement la pression dialin- 
guistique de genre littEraire. Seules les interferences entre les Ecarts si- 
gnificatifs b. l'intErieur de la m~me partie correspondante, et leurs op- 
positions d'une partie correspondante k une autre partie correspondante 
en chaque langue soutiennent qu',~t l'intErieur de chaque partie cor~es- 
pondante, tousles Ecarts s'expliquent par le mode d'expression littE- 
raire adoptE. Cela est vrai du lexique, comme des mots-outils, comme 
des cat6gories linguistiques. 
L'analyse dialinguistique de la structure numErique du vocabulaire de 
ces deux textes conflrme les observations faites par les promoteurs de la 
stylistique quantitative: toute diffErenciation stylistique quantitativement 
mesurable dans le vocabulaire se trouve ramassEe au niveau de la moindre 
rEpEtition des vocables. Au contraire, ce qui intEresse les caract~res 
dialinguistiques du style, dans les roots grammaticaux, ce n'est pas 
leur dispersion, puisque, d'un point de vue global, tous ces roots et 
toutes les categories sont communs et nEcessaires aux usagers d'une 
langue donnEe, que, rapportEe ~ chaque langue, leur valeur est trop 
abstraite et gEnErale pour que leur apparition soit imposEe ou exclue par 
des th~mes particuliers. Ce qui int6resse les faits dialinguistiques du 
style ce sont les modalitEs de la rEpEtition de mots-outils et des cat& 
gories grammaticales. 
L'intervention du hasard dans la creation littEraire est constitu6e 
par l'existence des ElEments permanents, virtuels, structurellement 
r~alisables d'une oeuvre, et qui sont th6matiques pour un sujet donne 
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ou grammaticaux ~t l'int&ieur de limites ~t d~finir. Entre le hasard et 
son antith~se, la relation de cause ~ effet institude par l'intention de 
l'auteur, s'interpose le filtre t~l~onomique de la pression de genre litt~- 
raire, des proc6d~s particuliers au genre choisi qui offrent des possibilit6s 
expressives sp~cifiques et qui, une fois accept~es, r~gissent l'expression 
individuelle. 
Les 6tudes stylistiques qui b~n6ficient des contributions importantes 
des m~thodes statistiques d~couvrent la suivante caract&isation dialin- 
guistique des d6terminations de genre: 
1) Le filtre-presse de genre dans la creation litt&aire exprime 
plus fortement que jamais l'exigence d'une norme homog~ne dans 
l'~tude ~t base statistique. Le genre est tr~s sensible ~ tout ~l~ment qui 
d~passe le seuil de la norme. L'essentiel est de reconnaltre ~, la notion 
de norme ses implications sp~cifiques selon les langues donn~es, limi- 
t~es ~ l'~poque donn~e. 
2) Les d~terminations de genre actionnent comme une limite des 
s61ections possibles, comme un freinage puissant de la r~tention ou 
l'amplification individuelle dans le volume ou la diversit6 du vocabu- 
hire, dans ses r~p~titions parmi les individus lexicattx et dans les classes 
linguistiques coh&entes. 
3) La pression de genre litt&aire est l'expression d'une st&doty- 
pisation, uniformisation dialinguistique. Les faits examines comportent 
tree double modalit~ de signification valable ~ son tour pour chacune 
de ces deux langues: l'une eoncernant la dispersion, et une autre ~ga- 
lemment r~v61atrice, touchant ~ la concentration, diff&entes en vers et 
en prose, et nous ram~nent ~ la conclusion que les structures lexicales 
des deux parties s'opposent. Levers impose une vision sensible mais 
statique d'un monde nuance, filtr~ par les classes de l'adjectif et du 
substantif. Au contraire, les structurations de la prose nous offrent une 
image dynamique du monde r6aliste: les verbes les plus frequents sont 
plus r~p6t~s en prose qu'en vers. Mais la dispersion, bien plus impor- 
tante que celle du substantif et de l'adjectif, y reste d~faillante. 
4) Ces recherches stylistiques comparatives permettent d'analyser 
certaines convergences et diff&ences dans le choix des moyens linguis- 
tiques entre deux langues de la m~me origine. Les structurations parti- 
culi~res ~ chaque langue rel~vent l'opposition entre les ph6nom~nes 
de d~termination d'une part et de construction de l'autre. 
5) Les caract~res statistiques qui different genre par genre par 
rapport ~ chaque langue litt&aire id6ale nous permettent de chercher 
faire apparaitre des constantes dialinguistiques ~ l'int&ieur d'un genre 
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donn6, des similitudes et des diff&enciations entre genres qui ne sont 
pas sp~cifiques pour une langue ou l'autre. I1 y aurait lieu de se de- 
mander, si des modalit6s et types de relations particuli}res ne sont pas 
associ6es par hasard k des genres littdraires stylistiquement d6finis, parce 
qu'il est moins probable que certains 616ments grammaticaux soient 
incapables de variations quantitatives non al6atoires h travers les dif- 
£6rentes langues. 
