DES HEURISTIQUES POUR LA RECHERCHE DU THEME 
D~UN DISCOURS ET DE L~ANTECEDENT D~UN PRONOM 
Monique Rolbert 
Groupe d'Intellige~nce Artificielle 
Facult6 de Luminy case 901 
mute l_,6on Laehamp 
13009 Marseille 
FRANCE 
tel : 91.26. 90. 70 
R~suxn~ 
\[In des probl6mes r6siduels pour le traitement des r6f6rences dans les interfaces en langage naturel est le 
grand nombre d'ambiguit6s que g6n~re un pronom du point de rue de la recherche d'ant6c&tent. Dans cet 
article, nous allons montrer comment l'utilisation de crit&es issus d'6tudes de psychologie exp6rimentale 
sur des m6thodes de construction d'un discours par des locuteurs peut apporter un plus pour r6soudre ce 
probl6me. Nous pr6sentons tout d'abord des r6sultats de tests faits par des psychologues autour de la notion 
de th~me et de repr6sentation interne du discours ; puis, nous utilisons ces r6sultats pour 6noncer un certain 
nombre de crit~res pragmatiques concernant la recherche d'ant6e6dents. Nous montrons enfin que ces 
crit~res, tout &ant concis et facilement programmables, sont assez g6n6raux au regard de ceux pr6sent6s 
dans des cadres similaires. 
I - Introduction 
Identifier rant6c6dent d'un pronom dans un 
texte est un processus complexe ~t r6aliser de mani~re 
automatique. Un des probl~mes r6siduels pour sa 
r6solufion dans un syst~me informatique d'interface en 
langage naturel est le grand nombre d'ambigu'ft6s que 
g6n6re l'emploi d'un pronom. Dans un premier temps, 
on peut ~tre tent6 de n'utiliser que des crit~res 
syntaxiques et s6mantiques, car ils ont l'avantage d'etre 
rigoureux. Cependant, ils sont en g6n6ral insuffisants 
pour identifier de mani~re unique un r6f6rent. Les 
crit~res syntaxiques (du type accord en genre et en 
nombre ou c-commande (voir \[Reinhart 81\])) sont des 
filtres~ c'est/~ dire qu'ils 61iminent des candidats plut6t 
qu'ils ne d6signent pr6cis6ment le syntagme nominal 
ant6c6dent. Ces filtres sont fix6s pour un sous- 
ensemble d'une langue donn6e et ne s'appliquent pas/~ 
tousles types de pronom (voir pour une 6tude plus 
pr6cise \[Rolbert 89\]); Ils ont l'avantage d'&re rigoureux 
mais ne sont pas extensibles. Les crit~res s6mantiques 
sont des r~gles d'accord de traits ou des r~gles bas6es 
sur des notions de pr6suppositions - le choix d'un 
ant6c6dent qui donne nne solution s6mantique absurde 
est rejet6. Leur efficacit6 d6pend 6troitement de la 
pr6cision de la s6mantique du domaine d'application. 
Pour des domaines s6mantiquement pauvrcs, ils seront 
assez inefficaces. 
II est donc n6cessaire d'introduire d'aulres crit~res, 
ind6pendants du domaine d'application clu syst~me, 
permettant de choisir l'ant6c6dent d'un pronom parmi 
les syntagrnes nominau× que la syntaxe et la s6mantique 
n'ont pas 6cart6s. C'est pourquoi, dans la plupart des 
syst~mes permettant l'emploi de pronoms, des crit~res 
pragmatiques sont aussi mis en oeuvre pour tenter de 
r6soudre ce probl~me (\[Guenthner & Lehmam~ 83\], 
\[Danlos 85\], \[St Dizier 86\], \[Asher & Wada 87\], 
\[Sedogbo 87\]...). Cependant, au del~ de la justification 
de l'emploi de r~gles pragmatiques, il nous a sembl6 
important de faire le point sur leur contenu, celui-ci 
6tant rarement justifi6. Pour cela, nous nous sommes 
bas6s sur des 6tudes faites sur la consU~ction d'un 
discours chez un locuteur.Celles-ci mettent en 6vidence 
l'importance de la notion de thdme pour notre approche 
et nous permettent d'6noncer 3 crit~res pour la 
recherche d'un th~me dans un discour,;. Nous les 
appliquons ensuite, compl6t6s par deux autres, a la 
recherche de l'ant6c6dent de pronoms puis les 
comparons /~ ceux habituellement utilis6s dans les 
syst~mes existants et montrons que l'ensemble de ces 5 
crit~res forme un tout complet et g6n6ral. 
28 
II - Des experiences sur le discours 
De nombreuses exp6riences sont faites par des 
psy~zhologues darts le domaine de la caract6risation de 
modules mentaux du discours. La probl~matique 
g6n6rale de ce type d'exp6rimentation est de 
comprendre comment un texte est analys6, compris et 
repr6sent6 dans la m6moire du lecteur. Les r6sultats 
s'appuyent principalement sur l'analyse de temps de 
r6ponse concernant'la r6solution d'anaphore suivant la 
pr~lominance du r6f6rent dans le discours et le type de 
criti~,res mis en jeu (\[Corbett & Chang 83\], \[Morrow 
85\], \[Murphy 84\] etc...). 
On trouve plusieurs r6sultats mettant en relation le 
th6me et la cor6f6rence. \[Corbette & Chang 83\] 
avancent l'hypoth~se qu'un syntagme nominal est plus 
accessible s'il a 6t6 par ailleurs 'mis en valeur dans le 
texte'. \[Garrod & Sanford 85\] indiquent 6galement que 
la r6solution d'une r6f6rence liant un personnage 
principal du texte est toujours plus rapide que des 
r6f6rences similaires liant des personnages secondaires. 
On voit donc appara~tre l'importance du th~me. 
Comment d6tecter le th~me d'un discours ? En fait, on 
voit que ce qu'il faut rep6rer n'est pas vraiment le th~me 
du discours, mais un th~me local, propre au lecteur 
(darts notre cas, au locuteur) mis en valeur dans sa 
propre repr6sentation du discours. Des r6sultats 
d'exp6riences (\[Mckoon & Ratcliff 80\] cit6s dans 
\[Corbett & Chang 83\]) ont conduit h la conclusion 
qu'un nom qui a 6t6 repris par un pronom dans la 
derni~re phrase d'un texte est plus accessible dans le 
module du discours d'un lecteur qu'un nom qui n'a pas 
6t6 r6f6renc6. \[Morrow 85\] va plus loin en disant que la 
pr6dominance d'un nom pour un lecteur (donc son 
th~me) est ddtermin6e par des propri6t6s de surface 
telles que l'ordre d'apparition ou la fr6quence de 
mention d'un objet cor6f6rent h ce nom. 
Dans une analyse presque similaire, la notion de 
sujet est jug6e pertinente du point de vue du th~me. A 
partir d'exp6riences faites sur l'6valuation d'un temps 
de r6ponse h propos de personnes cit6es dans un texte, 
apr~s lecture des deux phrases formant ce texte, la 
deuxi~me contenant un pronom r6f6rent ~ un 616ment 
variable de la premiere (\[Corbett & Chang 83\]), les 
auteurs d6duisent que le sujet (en temps que r61e 
fonctionnel tenu par un synmgrne) de la premiere phrase 
est plus accessible h la fm du texte que le nom pr6dicat 
(ici, un compl~ment d'objet direct) de cette m6me 
phrase, ind6pendemment des effets de la r6f6rence. Le 
sujet d'une phrase serait donc pr6dominant dans la 
repr6sentation du discours. Ils donnent comme 
explication possible de ce ph6nom~ne que le sujet 
fonctionne comme position topicalis6e de la phrase 
(c'est-h-dire qu'il repr6sente ce sur quoi parle la 
phrase). 
En ce qui concerne la r6solution de r6f6rence 
propement dite, on retrouve dans de nombreuses 
6tudes une hypbth~se bas6e sur la proximit6 entre le 
pronom et son r6f6rent. Ces exp6riences ont montr6 
qu'un ant6c6dent est plus accessible lorsqu'il appara~t 
dans la phrase pr6c6dent imm6diatement celle contenant 
le pronom. Nous verrons l'int6r6t de ce r6sultat 
ind6pendant de la notion de th~me en 111.2. 
En conclusion, nous pouvons dire que bien que les 
buts de ces exp6riences soient diff6rents du n6tre, les 
r6sultats qu'elles permettent d'obtenir sont int6ressants 
pour plusieurs raisons : 
-la notion de th~me est assez ancienne en 
linguistique (voir les theses de Math6sius et de l'6cole 
de Prague dans \[Firbas 64\]) mais cette approche 
exp6rimentale, si elle ne se soucie pas des probl~mes 
essentiellement linguistiques qui entourent cette notion 
(entre autre un probl~me de d6finition - voir en 
particulier h ce sujet et sur la place du th~me en 
intelligence artificielle \[Maradin 88\] ), aborde une 
analyse plus pragmatique des faits. 
- la plupart des exp6riences que nous citons sont 
bas6es sur des probl~mes de cor6f6rence. Leurs 
conclusions finales sont orient6es vers la mod61isation 
d'une repr6sentation du discours ; cependant, des 
r6sultats intermddiaires pr6sentent des hypotheses sur 
des processus inf6rentiels concernant la cor6f6rence. 
- ces exp6riences portent sur le comportement 
d'un lecteur, mais il nous semble que nous pouvons 
appliquer leurs r6sultats ~ celui d'un locuteur : un 
locuteur construit un discours pour se faire comprendre. 
I1 applique donc des r~gles de bonne formation du 
discours lors de la construction. Par exemple, il va 
employer un pronom uniquement s'il lui semble que 
celui-ci reprend de mani~re non (ou peu) ambigiie un 
616ment pr6pond6rant de sa propre repr6sentation 
interne du discours. 
2 29 
- eermins concepts introduits pour expliquer les 
m6canismes d6crits (du type distance entre mots) ne 
sont pas trSs complexes : ce sont des notions 
informatisables sans trop de difficult6s. 
enfin, ces rdsultats sont bas6s sur des 
exp6rimentations. Ils ont donc toute la puissance de 
'donn6es collect6es sur le terrain'. Ces exp6riences 
peuvent remplacer des 6tudes sur des corpus que les 
informa6tons ont du mal h faire (peu de systSmes en 
Langage Naturel ertJigne). 
III Utilisation de ces r~sultats pour ia 
recherche automatique de r~f~rent 
Nous nous situons donc dans le cadre de l'analyse 
automatique d'un texte contenant des pronoms ayant 
pour ant6c6dents des syntagmes nominaux (nous 
6cartons dans un premier temps d'autres types de 
rdfdrence - emploi d6ictique des pronoms, r6f6rence 
des propositions, rdf6rence temporelle, etc...). Le 
problSme que nous nous posons est de d6terminer quel 
est rant6c6dent d'un pronom parmi les syntagmes 
nominaux pr6sents dans le texte. 
A partir des donn6es expdrimentales que nous 
venons de pr6senter, nous allons 6laborer tout d'abord 
des critSres permettant de retrouver les thSmes d'un 
discours. 
III.1 - Des crittres pour la recherche d'un 
thi~me clans un discours 
Un premier critSre que nous allons utiliser apparait h 
plusieurs reprises i~ travers les expdrimentations que 
nous avons 6voqu6es. I1 semble, en effet, que la 
r6pdtition d'un syntagme nominal (que ce soit une 
simple rdpdtition ou une reprise par un syntagme 
pronominal) joue un r61e trSs important dans la mise en 
valeur d'un objet dans un discours. On remarque en 
particulier que la rdp6tition d'un nom propre peut ~tre 
une maniSre de changer de thSme (puisqu'en gdn6ral, 
elle est motiv6e - par rapport i~ remploi d'un pronom- 
par le fait que le personnage nomm6 n'est pas le thSme 
courant (\[Grosz & al 87\])). Nous 6noncerons donc un 
premier crit~re : 
I Crit&e 1 : Un syntagme nominal est mis en valeur I 
I laa,  u. discours ci travers les reprises dont it fai, I 
I t'obiet. ,.~ 
Ce rapport entre la densit6 des liens anaphoriques et 
la manifestation du th~me du discours a d'ai\]tleurs 6t6 
soulign6 dans de nombreux travaux de linguistes 
(\[Beaugrande & Dressier 1981\], \[Sidner 83\]...) 
D'autre part, ~ l'int6rieur d'une phrase certains 
syntagmes sont plus prEpond6rants que d'autres ; en 
linguistique, on parle d'emphase, d'insistance. La 
position d'un syntagme h l'int6rieur d'une phrase 
semble aussi Etre un crit~re pour cat6goriser celui-ci 
comme th~me de la phrase. Nous reprenons ici les idles 
d6velopp6es autour de la fonction pr&lominante du sujet 
dans les expdriences cit6es, en remarquant que cette 
notion est addquate si ron ne considSre que des phrases 
d6claratives sans forme de focus marqude. Nous allons 
la gdn6raliser h des phrases interrogatives et d~s phrases 
comportant des syntagrnes en position de focus. Notre 
id6e est la suivante : 
"un objet est mis en valeur dans une phrase lorsqu'il 
apparait en t&e de cette phrase et, de maniSre intuitive, 
au niveau le plus hauL" 
Ceci est vrai pour des interrogatives : l'objet sur 
lequel porte une interrogative simple est en gdndral en 
t6te de la phrase. 
Exemple : ~ Max parle.--t-il? 
(Which man is Max speaking about ?) 
On retrouve ce ph~nom~ne pour les formes 
syntaxiques de focus qui sont souvent des 'mont6es' 
dans l'argument TOP. 
Exemple: C'est de la fille de Li.~i que 
Max parle. 
(It's about Lili' s daughter.' that 
Max is speaking) 
I1 nous semble donc que cette approche tient 
r6ellement compte de ce que ron peut appeler le 'topic' 
de la phrase. Certaines diff6rences plus subtile~ . entre 
deux positions syntaxiques sont 6galement pri~:~:s en 
compte en fonction de la profondeur (diff6rence 
d'importance entre un syntagme et son compl6ment de 
nom, moins grande importance des informations 
introduites au niveau d'une relative etc...). De plus, 
30 3 
pour des phrases dEclaratives, le syntagme nominal 
sujet de la phrase est bien le syntagme de t~te le plus 
'haut' de la phrase. Notre criti~re est donc bien une 
gdnEmlisation de ce phdnom~ne. 
En se basant sur une representation du type S- 
strucllure (\[Chomsky 82\]) de la phrase, ces 
considerations peuvent se resumer en : 
Lcri~;e 2.~/;s syn;agmes nom\]n~aux mis en valeur\] 
dans une phras.e sont ceux dont les nteuds\[ 
correspondant dans la S-structure de la, phrase sont\[ 
le plus haut et leplus d gauche de l arbre. ~U 
Pour permettre un changement de th~me dans un 
discours (ce qui peut arriver couramment), nous 
tiendrous dgalement compte de l'anciennet6 de la ptwase 
dans laquelle le syntagme apparait par rapport au 
dEveloppement du discours. 
Crit~re 3 : Un syntagme nominal r~cemment 
introduit est predominant par rapport aux syntagmes 
nominaux plus a nciensdans le d!sc£urs: ........ 
Les crit~res 1, 2 et 3 permettent donc de determiner 
le th~me d'un discours. Voyons ieur utilisafion possible 
dans la recherche de l'antEcEdent d'un pronom. 
111.2 - Application h la lev6e d'ambiguit6 dans 
le traitement des r6f6rences 
Pour choisir le r6fErent d'un pronom parmi les 
solutions non Ecartdes par la syntaxe et la sEmantique, 
on peut se baser sur le principe suivant : 'Un pronom a 
pour rEfErent de prEfErence le theme du discours'. On 
peut alors directement utiliser les crit~res 1-3. 
Cependant, d'autres crit~res spEcifiques ~ la recherche 
d'antEcEdent et indEpendants de la notion de th~me 
doivent Etre dgalement pris en compte. Nous allons en 
introduire deux en faisant le point sur ce qui est 
propose habituellement dans les syst~mes 
infonnatiques s'intEressant h ce problEme. 
Certains syst~mes infonnatiques int~grent dEjh des 
heuristiques concernant la recherche d'antEcfdent. 
Parmi les r~gles qui reviennent ie plus souvent, on peut 
citer : 
a) Les syntagmes nominaux dans une 
proposition principale sont prEfErgs/~ ceux inclus dans 
des subordonnEes (\[St Dizier 86\], \[Guenthner & 
Lehmann 83\]) 
b) Le syntagme nominal sujet est plus souvent 
repris que les autres (correspondant au Grammatical 
Function Filter de \[Asher & Wada 87\], cite Egalement 
dans \[Guenthner & Lehmann 83\] ) 
c) Un antEcEdent est plus probable pour une 
occurence de pronom donne si le pronom et 
l'antEcEdent ont le m~me r61e syntaxique 
(correspondant ~u Parallelism Filter de lAsher & Wada 
87\]. Utilis6 Egalement dans \[Sedogbo 87\]. Correspond 
au crit~res de relations formelles entre phrases utilis6 
pour la synth~se dans \[Danlos 85\]) 
d) L'antEcEdent d'un pronom le plus probable 
est celui qui est le plus prEs (\[St Dizier 86\] et Principe 
de ProximitE dans \[Guenthner & Lehmann 83\]) 
Remarquons d'abord que notre crit~re 2 est une 
gEnEralisation de a) et b). En ce qui concerne le crit~re 
de parallElisme c), il ne nous semble justifiE que dans 
des phrases dont les structures sont tr~s marquees ct 
dont la similarit6 est mise en Evidence par des mots tels 
que 'aussi', 'Egalement'. Nous ne l'utiliserons pas ici. 
Seul donc d) nous donne un principe supplEmentaire, 
dEtachE de la notion de th~me (donc non redondant avcc 
les hypotheses que nous avons faites prEcEdemment) et 
spEcifique "/i la recherche d'antEcEdent. Nous l'avons de 
plus rencontre dans certains rEsultats des experiences 
que nous avons exposEcs (voir page 3). Nous posons 
donc tm quatriEme critEre : 
crit~re 4 (Prin?ipe de Proximit6) : Un syntagme 
nominal proche dun pronom est prddominant comme 
rdfdrent par rapport attx syntagmes nominaux plus 
dloignds dans le discours. 
Ce crit~re n'est pas redondant avec le crit~re 3 
puisqu'il est spEcifique/i la recherche d'antEcddent et lie 
la position de chaque pronom. 
Pour le cas particulier de la cataphore, on peut 
utiliser une hypoth~se prEsentEe dans \[Guenthner & 
Lehmann 83\] : 
4 31 
~Crit~re 5 : Les syntagmes nominaux prdcddant"l'e\] 
pronom sont prddominant comme rdfdrent par rapport d \[ 
ceux suivant le pronom (la rdfdrence en arridre est I 
d la cataphore) \] 
IV- Conclusion 
A partir de ces crit~res, il est donc 
possible de choisir le syntagme nominal anttctdent 
d'un pronom parmi ceux que la syntaxe et la 
s6mantique n'ont .pas 6cartts. Remarquons que le 
crit~re 1 est totalement original et que le crit~re 2 est une 
g6ntralisation justifite de ce qui est utilis6 en gtntral. 
On peut dire que par l'ensemble des informations qu'ils 
prennent en compte et par leur modularitt, les crit~res 
que nous proposons peuvent jouer un r61e inttressant 
dans tm sysu3me informatique. 
I1 reste cependant ~t 6valuer quel est le poids de 
chacun d'eux par rapport aux autres, Sont-ils tous de 
mSme importance ? Par exemple, le crit~re 5 semble 
plus d6tcrminant que le Principe de Proximit6 : entre un 
syntagme nominal tr~s proche du pronom mais qui se 
trouve apr~s et un syntagme qui se trouve plus loin 
mais av~mt, on prtftrera sans doute celui qui se trouve 
avant. Leur rtle peut dtpendre 6galement du type du 
pronom (par exemple, le pronom 'celui-ci' a un 
comportement particulier). En fait, il ne nous semble 
possible de rtpondre/~ cette question qu'apr~s avoir 
rtellement test6 ces crit~res sur des textes en faisant 
varier leur influence rtciproque. 
Remarquons 6galement que les solutions que nous 
mentionnons ici pourraient &re inttgr6es dans un 
traitement plus 6labor6 du discours. Citons les 
recherches faites sur des modules informatiques de 
repr6sentation du discours, approche qui semble 
inttressante bien que la notion de module du discours 
ne soit pas encore vraiment dtfinie. Parmi ces modules, 
la DRT (\[Kamp 84\]) qui grhce h la notion de liste 
d'accessibilit6 et de sous°discours est un pas vers 
l'inttgration de nouveaux crit~res dans la recherche 
d'ant6ctdent. I1 faut 6galement citer les travaux de 
linguistes sur les phtnom~ne d'"empathie" d'un 
discours et leur corrtlation avec des ph6nom~nes 
syntaxiques et la forme de surface d'une phrase. Les 
conceptz introduits dans \[Kuno & Kaburaki 77\] ('point 
de vue' du locuteur ~t Wavers la mani~re dont il 
s'exprime, verbe orient6 sujet et verbe orient6 objet, 
hidrarchie dans l'"empathie" suivant des critSres 
syntaxiques etc.) nous semblent inttressants. 

BIBLIOGRAPHY

\[Adjtmian 78\] Adjfmian C. "Theme, Rheme and Word Order. 
From Weft to Present Day Theories" Historiographia Linguistica 
Vol 5 N ° 3 (1978) pp253-273 

\[Asher & Wada 87\] Asher N. et Wada H. "A computational 
Account of Syntactic, Semantic and Discourse Principles for 
Anaphora Resolution" Prefiminary Draft 

\[Austin 62\] Austin J.L "How to Do Things with Words" ed. by 
J.O Urrnson. 
N.Y. Oxford Unive~mity Press (1962) 

\[Beaugrande & Dressier 81\] Beaugrande (de) et Dressier W 
Introduction to Text-Linguistics Longman London (1981) 

\[Chafe 76\] Chafe W.L "Giveness, Contrastiveness, Definitness, 
Subjects, Topics and Point of View" in Subjecct and Topic 
Li Ch. Ed. Academic Press (1976) pp 27-55 

\[Chomsky 82\] Chomsky N. "Some Concepts and 
Consequences of the Theory of Government and Binding" 
Linguistic Inquiry monograph, N ° 6 
Cambridge, Mass., MIT Press (1982) 

\[Corbett & Chang 83\] Corbett A.T et Chang F.R 
Disambiguation : Accessing potentials antecedents" 
Memory And Cognition 11(3), pp 283-294 (1983) 
"P'fonoun 

\[Danlos 85\] Danlos L. Gdndration automatique de Texte en 
Langage Naturel Masson (1985) 

\[Ducrot 72\] Ducrot O. Dire et ne pas Dire Hermann (1972) 

\[Firbas 64\] Firbas J "on defining the theme in functionnal 
sentence analysis" Travaux linguistiques de Prague, 1 Prague 64 

\[Garrod & Sanford 85\] Garrod S. et Sanford A.J "On the Real- 
time Character of Interpretation during Reading" 
Language and Cognitive Processes Vol N°I, pp 43-59 (1985) 

\[Grosz, Joshi & Weinstein 87\] Grosz B., Joshi A.K et 
Weinstein S. "Towards a Computational Theory qI~ Discourse 
Interpretation" Preliminary Draft 

\[Guenthner & Lehmann 83\] Guenthner F. et Lehmann tt. 
"Rules for Pronominalisation" ACL European Chapter (1983) 

\[Gutron 79\] Gutron J. "Relation de Cortffrence dans la Phrase et 
le Disc, ours" Langue Fran~aise 44 pp 42-79 (1979) 

\[Hagtge 78\] Hagtge C. "Du Thtme au Thtme en Pa~ssant par le 
Sujet. Pour une Thtorie Cyclique" La Linguistique Vol 14 N ° 2 
lap 3-38 (1978) 

\[Jackendoff 72\] Jackendoff R.S Semantic Interpretation in 
Generative Grammar MIT Press Cambridge (1972) 

\[Kamp 84\] Kamp H. "A Theory of Truth and Semantic 
Representation" Truth Interpretation and Information, 
Groenendijk et als (eds), Foris (1984) 

\[Kuno & Kaburaki 77\] Kuno S. et Kaburaki E. "Empathy and 
Syntax" Linguistic Inquiry Vol. 8 N°4 (fall 1977) pp 627-672 

\[Marandin 88\] Marandin J.F "APropos de la Notion de Th~me de 
Disc.ours. E16ments d'Analyse dans le Rtcit" Langue Fran¢aise 78 
pp 67-128 (1988) 

\[McKoon & Ratcliff 80\] McKoon G. et Ratcliff R. "The 
Comprehension processes and Memory Structures involved in 
Anaphoric~ Reference" Journal of Verbal Learning and Verbal 
Behavior 119 pp 668-682 (1980) 

\[Morrow 85\] Morrow D.G "Pr61~ositions and Verbe Aspects in 
Narrative Understanding" Journal of Memory and Language Vol 
24, pp 390-404 (1985) 

\[Murphy 84\] Murphy G.L "Establishing and Accessing 
Referents in Discourse" Memory and Cognition 12(5), pp 489- 
497 (1984) 

\[Reinhart 83\] Remhart T. "Coreference and Bound Anaphora : 
A Restatement of the Anaphora Questions" 
Linguistics and Philosophy Vol. 6 (1983) pp 47-88 

\[Rolbert 89\] Rolbert M. "R6solution de formes pronominales 
dam rinterface d'interogation d'une base de donn6es" 
Th~se de doetoral. Faeult6 des Sciences de Luminy (1989) 

\[Saint-Dizier 86\] Saint-Dizier P. "R6solution des anaphores et 
Programrrmtion en Logique" Papier Pr61iminaire 

\[Sedogbo 87\] Sedogbo C. "SYLOG : A DRT System in 
Prolog" Second International Workshop on Natural Language 
and Logic Programming Simon Fraser University, Vancouver, 
B.C Canada (1987) 

\[Sidner 83\] Sidner C. "Focusing in the comprehension of 
definite Anaphora" in Computational Models of Discourse Brady 
& Berwick eds. MIT Press 1983 pp 267-329 
