Une ontologie du temps pour le langage naturel 
Franqoise GAYRAI,, Philippe GRANDEMANGE 
Laboratoire d'Informatique de I'universit~ Paris-Nord (LIPN) 
Institut Galilde, avenue Jean-Baptiste Cl6ment, 93430 Villetaneuse (France) 
ENGLISH ABSTRACT 
We propose a new ontology for the time in 
natural language which provides the following 
features : 
- it renders all account of most of tile temporal 
phenomena of language (dates, duration, 
events, states) ; it offers capacities for the 
comprehension of the narratives ; 
- in the contrary to the traditional systems, it 
needs no hard "types" for dealing with the 
different classes used by the temfinology : thus 
an event may date others "'when John died, 
there were many demonstrations in the world", 
a date may be the beginning of an event 
"monday, Paul was leaving for a six months 
tour" ; our ontology endures the fluidity of 
natural language which does not make rigid, in 
the narratives, the signification of tile temporal 
entities ; 
- it allows some multiplicity of points of viev, 
(partially inconsistent) about a single event : in 
the sentence "the travel of Christophe Colomb, 
which endured a long time, has been the 
beginning of a rich period of exploration", "the 
voyage of CC" is seen as a simple event in the 
main proposition and as a complex event in the 
subordinate one. 
With respect to these issues, the ontology uses 
the following frameworks : 
- a KLONE-like network aiming at a quick 
detection of incoherences : it contains taxonomic 
inferences (including tile whole terminology) 
plus the facts ; a hulk of rules (assertional 
device) embodying contingent properties ; 
- non-monotonic reasoning is needed to revise 
simplistic conclusions obtained fi-om superficial 
descriptions : the rules and the links of the 
network may be default rules ; 
- the VaDe (Variable I)epth) system supports 
our ontology ; it is implemented with ,an ATMS- 
like truth maintenance system. 
The flexible ontology we present offers an 
interesting frame for further researches in 
computational linguistics, in particular in the 
domain of the interpretation of the narratives. 
ACRES DE COLING-92, NANTES. 23-28 AOt~r 1992 2 9 5 PROC. OF COLING-92, NANTES, AUG. 23-28. 1992 
1. Introduction 
Nous proposons une ontologie temporelle 
adaptEe au traitement des diffErents phenom~nes 
temporels apparaissant dans des enonces en 
langage naturel. II s'agit de rend,e compte des 
evdnements, de leur durEe, de \[etn" localisation 
et aussi des relations entre ces tSvEnenlelltS, 
qu'elles soient purement temporelles 
(d'inclusion, de precedence...) ou qu'elles 
correspondent ~t des liens de structuration 
(relation d'un dvdnelnent "a ses sons- 
dvdnements) on de causalite. 11 est important de 
noter que la tangue est tries soup\[e dans 
l'utilisation qu'elle permet des entites 
temporelles, notamment dans les reles varies 
qu'elle leur fait jouer : un evEnement peut servir 
de date pour un autre (a la mort de son pdre, 
Paul d~m~nagea), il petit exprimer la duree d'un 
autre (pendant tout le voyage, Paul a lit), il peut 
avoir un debut qui est une date (Paul a 
commence d travailler d 14 heures), tin 
Evdnement peut e.tre per¢;u comme atomique (le 
voyage de Christophe Colomb jilt le d~but 
d'une riche p~riode d'explorations) ou au 
contraire comme decomposable (le voyage de 
Christophe Colomb \]itt long et p(nible : aprOs 
avoir Jait face d plusieurs temp~tes, l' Equipage 
dut affronter ane Epid~mie de o,phus). Un 
Evdnement peut retiree, ~t l'intErieur d'un seul 
recit, e.tre considerE de plusieurs points de rue 
partiellement incompatibles (le voyage de 
Christophe Colomb qui dura de longs tools Jilt 
le ddbut d'une riche pdriode d'explorations qui 
fail percevoir le voyage comme atomique dans 
la principale et structure I dans la relative). 
Notre ontologie temporelle dolt donc O.tre 
suffisamment riche et soupte pour capter cette 
capacite de la langue ~l accepter nne 
representation non figde des entites temporelles 
I Kayser 901. Cette souplesse de l'ontotogie 
implique la possibilite de revision du 
raisonnement parce que la suite du recit peut 
imposer une autre interpretation que celle gui 
avail Ere adoptEe jusque 1'~, par exemple lorsque 
des informations plus prEcises sont fournies. 
Elle s'appuie done sur une logiquc non- 
monotone : la logigue des dEfauts. 
Une fois prEcisEs nos objectifs, nous montrons 
pourquoi les diffErentes representations du 
temps proposEes en IA sont inadEquates 
(section 2) ; la section 3 prEsente nos choix de 
base 'h travers la description rapide de quelques 
classes de l'ontologie tandis que la section 
suivante prEsente quelques riegles prEcisant la 
signification des entitEs utilisEes. La section 5 
traite d'une propriEtE particuli~re de l'ontologie : 
l'adaptabilite h la variation des points de vue en 
comprehension de rEcits. 
2. Temps et langage naturel 
Peu de systiemes de representation et de 
raisonnement temporel allient la prise en compte 
de toutes les facettes du temps dans la langue et 
des changements de perspective imposes par les 
rEcits. 
Les logiques temporelles classiques \[Prior 57\] 
permettent seulement de "temporaliser" les 
propositions en les situant dans un axe 
passE/futur gr'~ce aux opErateurs 2 H et Get ~t 
leurs duaux mais aucune information mEtrique 
(il y a trois jours, elle est all~e d Nancy) ni 
d'inclusion temporelle (pendant que Paul 
dormait, Virginie pr~para le repas) ne peut ~tre 
codde. 
Allen \[Allen 81\] choisit d'associer ~t tout 
Evfnement un intervalle (celui sur lequel il a 
lieu) et de traduire toute information temporelle 
entre deux 6v6nements par des relations 
temporelles entre leurs intervalles associEs. I1 
exhibe treize relations de base, exclusives les 
unes des autres ; mais la discrimination entre ces 
relations (notamment 'before' et 'meets')oblige 
regarder la position des bornes de chacun des 
intervalles, ce qui est tries dElicat dans la langue : 
le cas le plus courant est de ne pas savoir situer 
exactement les intervalles, notamment au niveau 
de leurs bornes. De plus, ce systieme permet 
difficilement de traiter de concepts mdtriques, 
comme la durEe d'un dvEnement, ou d'ancrage 
des dvenements dans le temps notamment par la 
prise en compte de dates ou de references 
temporelles. 
McDemaott \[McDermott 82\] au contraire sEpare 
fort judicieusement une ontologie strictement 
temporelle (la droite rEelle des dates) et une 
ontologie plus "EvEnementielle", la relation entre 
1 Les tcrmes "complexe", "structure", "dOcoml×~sahlc"... 
rendcnt cornptc dc la mO.mc idEc intuitive. 2 Sip est une proposition, Hp signifie 'i\] a toujours t~t6 le casque p', Gp 'il sera toujurs le casque p'. 
Ac'IXS DE COLING-92. N^N'rES, 23-28 ^otrr 1992 2 9 6 PROC. OF COLING-92, NANTES. AUG. 23-28, 1992 
les deux u'intervenant quc ponctuellement grfice 
a sa fonction de datation. C'est sa definition de 
l'EvEnement (ensemble d'interwdles d'Etat) qui 
ne convient pas au traitement du langage namrel 
oil ellc doit, scion nous, 6tre primitive. 
Kamp I Kamp 81 \] choisit justement de baser sa 
representation du temps sur les concepts 
d'Evdncment et d'Etat. Mais les l%gles de 
constructions de ses DRS (Discourse 
Representation Structure) sont dEcevantes dans 
ht mesure o?a elles ana~nent a un grain fixe de 
representation et h une perspective toujours 
identique : aux vex'bes au passe simple 
correspondent des EvEnements, aux ve,'bes ~t 
l'imparfait des dtats... 
3. Propositions pout- une onlologie 
L'ontologie temporelle que nous proposons 
s'appuie sur des rEflexions linguistiques et se 
concrdtise non seulement dans la definition d'un 
rEseau sEmantique \[Brachntan Schmolze 851 ~ la 
KL-ONE (figure 1) qui offre une terminologic 
aux notions temporelles repErables de la tangue 
mais encore dans des r~:gles qui donnent leur 
sEmantique aux classes et aux r61es. Pour plus 
de clartd, nous prdscntons d'abord en detail le 
rdseau puis quelques rbgles considd,'des comme 
representatives parmi les 92 existant dans lc 
syst~me. 
Notre choix londamental consiste d'une part 
?.tconsiddrer les dvEnements comme les 
primitives de base de notre representation et 
d'autre part a ne pas avoir de representation 
explicite du temps "rdel ''3, usuellement implant6 
en tenues d'instants ou d'intervalles. En effet, il 
n'est pas de rdcit sans 6vEnement ; par contrc il 
y a reck meme sans appel atl temps reel. Celui- 
ci n'est pas pour autant 61iminE, il intervient 
couramment pour repdre," des ~Sv(.nen\]ents par 
leur date (le 4 .luillet 1980), pour exprimer une 
durEe (pendavt trois heures), par l'expression 
d'une frdqt, ence (tousles lundis) ou d'un 6cart 
(cinq minutes plus tard). 
Nous distinguons parmi routes les notions 
temporelles 4 exprimEes dans la langue par 
diffdrents marquenrs 5 deux grandes categories 
\[Borillo 86\] : 
--> celles qui permettent de localiser un 
dvEnetnent : y sont attachdes toutes les 
rEfErences aux notions de prdc6dence, 
simultandit6, inclusion... Toute information 
de ce type donne use rEponse ~t la question 
'qt, and l'Evdnement a-t-il lieu ?'. 
--> celles qui permettent d'exprimer une 
durde, repdrdes par le fait qu'elles permettent 
de rdpondre aux questions du type 'depuis 
combien de temps ?', 'pendant combien de 
temps ?'... 
Nous traduisons ces deux categories par 
l'existencc de deux classes : la classe RefTemp 
(pour rEfErence temporelle) qui concrEtise toute 
reformation de type localisation, la classe Laps 
pour toute information de type durEe. 
Un objet de type Laps peut designer soit la 
durEe d'un EvEnement ou plus gEnEralement 
d'une rEfErence temporelle (il a travaill~ pendant 
trois heures) soit un laps de temps 6coul~ entre 
deux 6vdnements (ll a pris sa moto. Dix minutes 
plus tard, il s'est fait renverser). Dans le 
premier cas, on 6crira une relation entre la 
rEfErence temporelle et sa durEe grace au rEle 
aPourDuree ;dans le second cas, on dEfinira le 
laps pat ses bornes et ce sont les r61es 
commenceA et termineA qui seront remplis 
ainsi Eventuellement que le r61e valNumLaps. 
Pour pr6ciser la classe RefTerap, il est 
ndcessaire d'analyser dans la langue la mani~:re 
dont sont localisEs les EvEnements. Un 
EvEnement peut fitre situ6 gr~.ce ~. un 
complfment de date, grfice ~. des adverbes de 
liaison, voire mEme grfice ~. la simple 
sEqucntialit6 des phrases dans le rEcit qui 
impliquc (par dEfaut) la succession des 
evdnements qu'elles 4voquent. 
Lorsque l'Evduement est lexicalisE par un verbe 
conjugvE, le temps du verbe suffit b. placer 
l'EvEnement par rapport au temps d'Enonciation 
dans le cas des temps simples (passe ou futur), 
par rapport ~ d'autres Evdnements dans le cas 
3 l.e temps reel est assimil6 couramlllcnt ~1 tin axe 
orient6 de gauche ",) droitc et graduablc suivant des fruited, 
prEdEfinics pour lesqucllcs il existc des rb.glcs dc 
conversion. 
4 Nous laisscrons de cEtd, pour l'instant, Ic temps des 
verbes. 
5 Que ¢e soient des mots, des expressions ou mb~me des 
propositions subordonnEes de temps. 
AcrEs DE COLING-92, NANrF.s, 23-28 AOt)r 1992 2 9 7 PROC, OF COLING-92, NANTES, AUG. 23-28, 1992 
PO 
I 
Leaende : 
@ --~cardinalites 
lien isA strict 
lien isNotA strict cardinalites 
) ,ien isA defaul 
k O ! lien isNotA defaut nil :cardinalit~ ind~finie 
r61e dent le domaine est diffdrent 
du codomaine 
r61e dent le domaine est 6gaI au codomaine 
~qu.~ : les relations de prdordrc (precede, estPartieDe, estlnfA) sent entendues au sens large. 
Figure 1 : le r~seau de I'ontologie temporelle 
des temps composO.s (plus que parfait, futur 
ant,2rieur etc.) IReichenbach 47 I. 
Dans le cas d'un complement de date, la 
localisation d'un 6vdnement peut s'6tablir : 
--> par rapport au moment d'dnonciation dans 
te cas d'adverbiaux d6ictiques : hier, la 
seJru~ine prochaine. 
--> par rapport au point de rdf6rence courant 
(ddj5 6tabli) dans le cas d'adverbiaux 
anaphoriques : la veille, dce moment Iti.. 
--> de mani~re absolue. Leur fixation sur l'axe 
du temps est, dans ce cas, connue 6 : ~ 14 
heures, le 14 Janvier 1980. 
--> en faisant rdfdrence h d'autres 6vdnements 
ou situations : ~ la mort de Louis XVI, 
pendant la construction de Beaubourg, d la 
mort de grand-pdre, lors de son stage, quand 
tu travaillais.. . 
On s'aperqoit ainsi qu'on peut classer les 
rdf6rences temporelles (objets de la classe 
AcrEs DE COLING-92, N^NTES, 23-28 ^Or3T 1992 
6 Serait-ce de faqon vague pour sa mesure. 
2 9 8 PRec. OF COLING-92. N^m'Es, Arm. 23-28, 1992 
RefTemp) en deux classes : la classc Date qui 
recouvre les trois premiers caset la classe 
Situation qui recouvre le demier. Dans tous 
les cas, cette id6e de localisation d'un 
6v6nement (de situation) se concr6tise par le 
rBle aPourCoordTemp de codomaine RefTemp. 
Un objet de type Date est un nl,'trqueHr temporel 
qui n'est pas a priori un 6v6nement et qui 
permet, en th6orie, une projection sur l'axe du 
temps. Une date pent ~tre absolue : sa fixation 
sur l'axe du temps est, dans ce cas, entibrement 
connue (en Aoftt 1914, le 14 Janvier 1980) ou 
peut en tout cas 6tre restitu6e (l'emploi de d 14 
heures ou de pendant le mois de Janvier sous- 
entend que le jour (de l'an,a6e) est dEj~t connu). 
Les adverbiaux d6ictiques tels que filer, la 
semaine prochaine sont consid6r6s comme des 
dates puisqu'un calcul temporel pennet de leur 
faire correspondre tm repere sur l'axe du temps 
objectif. Les adverb/rex anaphoriques comme la 
veille, ~ ce moment la, dont la rdf@rence est 
supposfe r6solne, font 6g;tlement partie des 
dates. 
La classe Situation regroupe les notio,ls 
d'6v6nement et d'6tat. Aucune classe ne 
correspond '~ la notion d'6tat dans notre 
ontologie 7. 
Parmi les objets de type $a~uation, nous 
distinguons les 6v6,~ements, d6finis 
explicitement par l'existence de la classe 
Evenement et dn lien isA entre Evenement et 
Situation . 
La classe Evenement es\[ \]a ChI.sse de base de 
notre syst~:me de reprdsentation ; elle joue done 
le r61e de classe pivot en organisant les autres 
classes par diff6rencc. Les 6v6nements peuvent 
6tre lexicaiisds aussi bien par des verbes que par 
des noms: l'orage de dimwtche dernier, le 
voyage de Christophe Colomb sonl des 
6v6nements. Pour permettre de rcndre compte 
des diff6rentes caractdristiques d'un 6v6nement, 
nous cr6ons deux sous-classcs (mcomp,ttibles) 
de la classe Evenement ;EvtSimple et 
EvtComplexe dont nOLlS pal'lerol\]s pills en d6tail 
dans le paragraphe 5. 
Dans le r6seau de la figure 1, il est important de 
noter que les classes Date et Laps sont plus 
proches du temps rdel que les classes RefTerap, 
Situation , Evenement . Eli effet, des valeurs 
num6riques peuvent leur ~tre associ6es et des 
calculs permettent d'assurer une certaine 
consistance aux raisonnements faits. On 
v6rifiera par exemple syst6matiquement qu'un 
laps a une dur6e compatible avec ses dates de 
d~.but et fin. 
Dans les r61es attachds aux diff6rentes classes, 
nous distinguons les rBles temporels comme 
precede, estPartieDe des r61es de 
structuration comme aPourDebut et 
estSousSituationDe. Les faits du type 
est SousSituationDe (a, b) peuvent 
correspondre soit ~ des connaissances 
st6r6otyp6es (reconnues gr~ce b. des scripts, qui 
sont nommlement inclus dans le lexique), soit ~. 
la structure mEme du r6cit darts la mani~,re dont 
sont prEsentEs les 6v£nements 8. 
4. Un exemple : les relations entre un 
,~v,~nement et sa eoordonn4e 
temporelle 
Nous raisons l'hypoth~se que comprendre un 
r6cit n'est pas reconstituer darts son ensemble 
une r6alit6, c'est percevoir les relations 
principales entre les 6v6nement 6voqu6s : les 
n3gles que nous utilisons tentent d'en rendre 
compte. I1 s'agit soit de rSgles strictes not6es 
'-->', soit 9 de regles de d6faut notEes '--)', 
d6fauts normaux dont la justification ne sera pas 
explicitEe puisqu'elle co'fncide avec la 
conclusion. Nous omettons dans la suite les 
quantificateurs universels qui r6gissent les 
variables de ces r~gles. 
Dans cette section, noes nous intdressons plus 
particuli6rement aux relations entre un 
6vdnement et sa coordonn6e temporelle en vue 
d'obtenir une structuration des entit6s 
temporelles du rdcit. 
7 La discrimination entre uric siLuation tlUi n'cst pas un 
6v6nement (un 6tat) et un 6v6nement iI't)bt~il pus ;~1 des 
crit~res facilement rep6rables dans uric phrase. Encm; dc 
doute, on accrochcra h la classe Sittlatiorl tout objet 
s'inscrivant dans le temps qui n'est Ires unc date ou une 
d utile.. 
En pamculier les techniques de mise en perspective des 
6v6nements : plus de d6tails 5 ce sujet darts \[Gayral 921. 
Par cxemple, la phrase lors de son stage, Paul a 
rencontr6 Virginie propose la rencontre comme sous 
6v6ncment du st,age. 
9 Le syst~me dispose 6galement de r~gles concluant ~. 
I'existence d'objets. Nous ne les donnons pas ici. 
AcrF.s DE COLING-92, NANTES. 23-28 AOI\]T 1992 2 9 9 PROC. OF COLING-92. NANTES, AUG. 23-28, 1992 
** Nous considErons que quand la coordonnEe 
temporelle d'un EvEnement est une date, on peut 
seulement dEduire uu rapport temporel 
d'inclusion entre l'EvEnement et sa date. 
- Sans information sur les durEes de ces deux 
objets, on consid6rera que la coordonnEe 
temporelle est un "nid" pour l'EvEnement qui 
se trouve ainsi temporellement inclus dans sa 
date. C'est le r61e de la r6gle 84 : 
84. Evenement (x) A aPourCoordTemp (x, cx) 
--) eatPartieDe (x, cx) 
Cette r~gle peut ¢3tre ilhtstrEe pat" dimanche, il y 
a eu un orage oft l'on conchtra h l'inchtsion 
temporelle de t'orage dans la journEe de 
dimanche. 
- Lorsqu'on "en salt plus", notamment dans 
les durEes relatives de l'EvEnement et de sa 
date, prEcisEment dans le cas o~J la durEe de l.'t 
date est connue et est infErieure ,t la durEe 
connue de l'EvEnement qu'elle rEfEre, on 
conclut que cette date est ~ la fois le debut de 
l'6vEnement et sa date par la r~gle 86. 
86. Evenement (x) ix Date (cx) A 
aPourCoordTemp (x, cx) A 
aPourDuree (x, dux) A 
aPourDuree (cx, ducx) /k 
estInfA (ducx, dux) --) 
aPourDate (x, cx) A aPourDebut (x, cx) 
Des exemples peuvent ~tre : vers 14 heures 
Paul a Mldphond longtemps d Virginie ou 
dimanche, Paul est parti en voyage pour huit 
jours 10. 
10 Les exemples concernent des l)r(x:5s qui ptuvtnt st 
decomposer en au muins unt partic initiale et unc autre. 
Pour le premier exemple, tElEphoner peut se decomposer 
en au moins deux procEs : apptltr au tEI6phone tt 
communiqner, on ptut dane considErer qu'il existc une 
autre formulation 6quivaltnte : vers 14 heures. Paul a 
appeh; Virginie et ils ont bavardd longtemps ; duns co 
cas, il y a glissement de sens du vcrbe vers son debut ct 
la coordonn6e telnporelle CSL utile non pas du procEs tout 
critter mais ccllc de son debut. De m,.3mc duns lc 
deuxi~me excmplc, le pr(~'Es ¢orrtspolldunt all syutuEme 
partir en voyage peut en rdalit6 se decomposer en deux 
proccs (le depart et It voyage lui-memc). La durEt 
explicitfe porte sur le voyage alors que la coordonnde 
temporelle est cellc du d6pm't. 
Nous ne dEcomlx)sons ni dans un cas ni dans l'autre cts 
proems mais nous d6duisons des rehttions temporellcs les 
conctrnant globalement. 11 s'agit bieu tie traiter des 
glissements de sens sur lcs verbes, mais pas par choix 
dans un ensemble (suppose totalemcut Omm,SrE) dc 
"glissements possibles". 
** Lorsque cette coordonnEe temporelle est une 
situation, nous pensons que la mise en rapport 
de ces situations par le rEcit n'est pas 
"innocente" et traduit le plus souvent une 
relation sEmantique entre elles. Cette relation 
sEmantique est signifiEe par le r61e 
estSousSituationDe qui indiquera aussi par 
dEfaut une relation d'inclusion temporelle. Nous 
6crivons ainsi des rEgles qui vont permettre de 
crEer de toutes pi~ces ces relations. Ce sont bien 
stir des r6gles de dEfaut car il est des cas o~ le 
locuteur voulait simplement signifier un rapport 
temporel entre les situations. 
D'abord, exposons deux de ces rEgles qui, 
comme pour les dates, vont distinguer le cas 
gEnEral o~ on ne salt den de tr~s precis dans les 
rapports de durEe entre la situation et sa 
coordonnEe temporelle et les cas oh au contraire 
on dispose de donnEes objectives. 
-- Le cas gEnEral est trait6 par la r~gle 83 : 
83. Evenement(x) A Situation(cx) A 
aPourCoordTemp (x, cx) 
--) est SousSituationDe (x, cx) 
On peut l'illustrer par lors de mon stage, j' ai 
rencontre Marie. 
~-Lorsque la coordonnde temporelle d'un 
6vdnement est une situation de durde infErieure 
'~ celle de l'6vEnement qu'elle rEFere, on conclut 
d'une part qu'elle en est le ddbut et d'autre part 
qu'elle en est une sous-situation grfice ~ la rEgle 
81. 
81. Evenement(x) A Situation(cxl ^ 
aPourCoordTemp (x, cx) A 
aPourDuree (x, dux) A 
aPourDuree (ex, ducx) A 
estInfA (ducx, dux) 
--) estSousSituationDe(cx,x) A 
aPourDebut (x, cx) 
L'exemple qui peut 6tre donn6 est le suivant : 
A la mort de son p~re quifutfoudroyante, Paul 
a plongd dans une dOprime de plusieurs mois. 
5. Objectifs de I'ontologie 
L'ontologie que nous proposons ne suppose 
pas, contrairement h celles basEes sur des 
logiques monotones, l'6tablissement de preuves 
solides de consistance pour opErer sur elle. 
Nous faisons l'hypothc3se qu'une telle situation 
modElise le raisonnement fait par l'auditeur d'un 
rEcit : il n'a nul besoin de tout savoir ou de 
considErer que tout est coherent pour 
Ac'IxS DE cOLING-92, NANTES, 23-28 ^Or~ 1992 3 0 0 PROC. OF COLING-92, NANTES, AUG. 23-28, 1992 
comprendre, c'est h dire pour extraire des 
informations simples sur ce que son 
interlocuteur a voulu dire. 
Ainsi, une de nos pr6occupations consiste en 
l'adaptation constante de la reprdsentation d'un 
6vdnement au r6cit oh il s'insbre. Cette capacit6 
d'adaptation de hi repr6sentation d'un nl~me 
6vdnement a diffdrcntes consequences. En 
premier lieu, nous choisissons de focaliser en 
partiele raismlnement stir till choix dans une 
ahernative : un 6v6nemcnt est simple (vision 
globale) ou conlplexe (vision analytique). Ainsi, 
un 6vdnement complexc est mtmi de nombreux 
attributs que n'a pas a priori un dv,,Snement 
simple : sa durde, son d6but, sa fin, des sous- 
6vdnements... En second lieu, nous 
considdrons qt,e, sans indic:ttion particuli~re, un 
6vdnement est consid6r6 comme simple, de 
manihre ~1 etre fidhle ~ une minimalit6 de la 
repr6sentation. 
L'appartenance d'tm ~Svd, nenlenl ;\] l'une ou 
l'autre des deux classes EvtSkrnpl. e et 
gvtComplexe ne correspond ~ atlctlne r6alit6 : 
un 6vdnement n'est pas simple ou complexe en 
soi. Son "accrochage" :\] l'une des deux cktsses 
ne traduit qu'un point de rue local et provisoire 
impos6 par le r6cit : c'est uniquement par 
rapport aux autres ~venenlents et au 
ddroulement des mdandres du r6cit que 
"l'importance" d'un 6vdnemetlt peut Cztre 
6valude. 
Un t~vd, neo\]ent petit e, trc vii comme complcxe 
dans deux sortes de situations : d'une part si on 
hfi ddcouvre un sotls-6vdnement, d'autre part si 
des informations venant de l'extdrieur 
remplissent des attributs de cet 6vdnement (par 
exemple, la dur6e) : 
73. Evenement (x) A aPourburee (x, dux) A 
m:(dux, Zero) --> EvtComplexe(x) 
Dans d'autres cas, un 6vdnement a priori 
complexe dolt pouvoir 6tre vu comme simple 
(rbgle 71) : dans le long et p&Lible voyage de 
Christophe Colomb Jut le ddbut d'une riche 
pdriode d'explorations le voyage de Christophe 
Colornb est vu conlme simple puisqu'il marque 
l e d6but de la fiche pdriode d' explorations II . 
11 Cette phrase, fornlul6e dillf£remulcut t)ourrait amener 
"h la conclusion inverse : c'est puree qu'ici I'accellt est 
mis par le "'r6cit" sur la riche p~;riode d'explorations 
qu'une telle conclusion pout ~tre tir6e. Ceci ouwe une 
piste de recherche qui n6cessite 1'6rude approlondie dos 
71 . Evenement (ssx) A Evenement (x) A 
estSousSituationDe (ssx, xl 
--) EvtSimple (ssx) 
6. Conclusion 
Notre proposition rompt avec la tradition des 
logiques temporelles en pla~:ant la notion 
d'dvdnement au cceur de l'analyse, en attachant 
au temps "objectif" le simple r61e de v6rificateur 
de consistance d'une d6duction non monotone, 
cn pr6smwant la possibilit6 d'une pluralit6 des 
significations... L'ontologie propos6e rend 
compte de la grande souplesse de la langue 
quant aux rSles jou6s par les diff6rentes entitds 
temporelles les unes par rapport aux autres. Elle 
permet 6gatement de traiter des changements de 
perspectives dans les rdcits qui sont peu ou real 
abordds par les raisonneurs s6mantiques 
traditionuels, mSme s'il reste ~t approfondir 
l'6tude des marqueurs linguistiques permettant 
de rep6rer dans le cours d'un rdcit ces 
changements de perspectives. 
Notre ontologie enfin est int6gr6e dans un 
syst~nm impl6ment6 (VaDe). Bas6 sur une 
conception ~l profondeur variable de la 
repr6sentation et du raisonnement, VaDe 
\[Grandemange 92\] est un syst~me hybride, dot6 
d'un 1nodule de maintenance de la coh6rence, 
permettant de manipuler de fa~on originale les 
formules existentielles. 
Nous tenons gt remercier Daniel Kayser et 
Christophe Fouquer6 pour leur lecture attentive et 
leurs pertinentes renmrques. 
ACRES DE COLING-92, NANTEs, 23-28 ^O13T 1992 3 0 2 PROC. OF COLING-92. NANTES, AUO. 23-28, 1992 
AcrEs DE COLING-92, NANTES, 23-28 Aol3-r 1992 3 0 1 PRoc. OF COLING-92, NANTES, AUG. 23-28, 1992 
marqueurs de la langue qui permettent de distinguer, dans 
le r6cit, un 6v6nement pur rapport "a d'autres \[Gayra192\]. 

Bibliography

\[Allen 81\] James F. ALLEN : An interval- 
based representation of temporal 
knowledge ; in Proc. of the 7 th IJCAI, 
p. 221 sq, Vancouver (BC, Canada), 
1981. 

\[Borillo 86\] Andr6e BOR1LLO : Les 
emplois adverbiaux des noms de 
temps ; dan, Actes du sgminaire "Lexique 
et Traitement Automatique des Langages", 
pp. 11-36, universit6 Paul Sabatier, 
Toulouse (F), 16-17 janvier 1986. 

\[Brachman Schmolze 85\] Ronald J. 
BRACHMAN, James G. SCHMOLZE : 
An overview of the KI-one 
knowledge representation system; 
in Cognitive Science 9(2):171-216, 1985. 

IGayral Grandemange 91\] Franqoise 
G AYRAL, Philippe GRANDEMANGE : 
Ev~nements : ponctualit~ et 
durativit~ ; aans Actes du 8 ~Jne congrds 
RFIA (AFCET-INRIA), Lyon- 
Villeurbanne (F), 27-29 novembre 1991. 

\[Gayral 92\] Franqoise GAYRAL : 
S~mantique du langage naturel et 
profondeur variable : une premiOre 
approche ; th~se de l'universit6 de 
Paris-Nord, Villetaneuse (F), janvier 
1992. 

\[Grandemange 921 Philippe 
GRANDEMANGE : Representation 
des connaissances et profondeur 
variable : une implantation ; those de 
l'universit6 de Paris-Nord, Villetaneuse 
(F), f6vrier 1992. 

\[Kamp 81\] Hans KAMP : l~v6n6ments, 
repr6sentations discursives et 
r6f6rence temporelle, Langages, 
64:34-64, 1981. 

\[Kayser 90\] Daniel KAYSER : Truth and 
the interpretation of natural 
language : a non-monotonic variable- 
depth approach ; in Proc. of the 9 th ECAI, 
pp. 392-397, Stockholm (Sweden), 
august 6-10 1990 \[(L. C. Aiello ed.) ~itnlltl, 
London (UK)\]. 

\[McDermott 82\] Drew V. McDERMO'IT : A 
temporal logic for reasonning 
about processes and plans; 
Cognitive Science 6:101-155, 1982. 

\[Prior 57\] A. N. PRIOR : Time and 
modality, Clarendon _E.r~s.~, Oxford 
(UK), 1957. 

\[Reichenbach 47\] H. REICHENBACH : 
Elements of symbolic logic, 
McMillan, New York (USA), 1947. 
